ATHLETISME

    L'athlétisme n'est pas l'apanage exclusif des Etats-Unis, une fois de plus talonnés par la Finlande, malgré la suppression du cross-country et du 3000 m par équipes.
    Les Nordiques enlèvent en effet 5 médailles d'or contre 8 seulement aux Américains. Les Anglais, pour leur part, consevent leur couronne sur 800 m.

    Dans ce 800 m, la France entretient pourtant l'espoir d'une victoire de Séraphin Martin.
    A 120 m du bout, Hahn et Douglas Lowe sont épaule contre épaule, lorsque Lowe déclenche une accélération d'une violence inouïe. En un clin d'oeil, le solide Britannique fait le trou d'une manière décisive. Il l'emporte avec une seconde d'avance, en 1'51"8, devant le Suédois Erik Bylehn qui déborde tout le monde sur la fin. Le Français Martin termine 6ème...
    Lowe accomplit un exploit historique en gagnant cette épreuve une seconde fois.

    Nurmi se concentrant sur les longues distances, on se prend à croire que le demi-fond français va frapper sur 1500 m le grand coup.
    Au début de la course, Jules Ladoumègue se trouve à 15 m de l'homme de tête.
    Juste à l'instant om sonne la cloche, Ladoumègue remonte le peloton, passe un Anglais, deux Finlandais, deux Allemands.
    Ladoumègue s'accroche au Finlandais Eino Purje et allonge sa foulée. Ils luttent 50 m au coude à coude, jusqu'au milieu du virage.
    Ladoumègue accélère encore et décramponne Purje.
    Le poteau est à 40 m, à 35 m. Ladoumègue doit encore faire 15 ou 16 foulées. Mais derrière lui, l'autre Finlandais Harry Larva revient. Larva l'atteint. Le Finlandais passe. Ladoumègue est battu.

    Ladoumègue sera bientôt victime des règlements sur l'amateurisme comme le sera bientôt Mohamed El Ouafi, champion olympique du marathon à Amsterdam.
    Venu en France en 1923, à l'occasion d'un cross militaire, le petit coureur, dont la résistance naturelle est surprenante, prend la 7ème place du marathon des Jeux de Paris.
    Mais sa course d'Amsterdam est un chef-d'oeuvre de prudence et d'opportunisme.
    Parti volontairement lentement, il est, après 10 km, à 2'30" des leaders.
    En tête, Japonais et Finlandais se montrent les plus actifs. Le Japonais Yamada, petit et puissant, se détache vers le 25ème km. Mais Yamada commet la faute de vouloir battre de loin ses adversaires directs. Mohamed El Ouafi en profite. Il revient de l'arrière et ne trouve en chemin que des hommes désemparés, usés par l'attaque de Yamada.
    Quand sonne la deuxième heure de course, il est sur les talons du Japonais qu'il lâche tout aussitôt.
    El Ouafi s'en va alors, le pied léger, sans savoir qu'un danger le menace, en la personne du Chilien Plaza qui se rapproche du Franco-Algérien à 3 km du but. Mais Plaza a lui aussi présumé de ses forces. A 1500 m de l'arrivée Mohamed El Ouafi aura raison de lui.
    Champion olympique, El Ouafi est au sommet de la gloire et tout prêt de la chute. Disqualifié pour faits de professionnalisme, il devient bientôt un chômeur sans ressource.

    Nurmi, l'intouchable Nurmi, na sait pas lui non plus qu'il participe à ses derniers Jeux Olympiques.
    Pour l'heure, à 30 ans passés, sa gloire demeure intacte, même s'il ne règne plus d'une manière aussi absolue qu'à Paris en 1924.
    Il retrouve d'ailleurs sur sa route son compatriote Ville Ritola dès le premier jour, dans un 10 000 m dramatique.
    Après que l'Anglais Beavers a mené pendant 2000 m, Ritola, fidèle à sa tactique habituelle, passe en tête et s'efforce de lâcher son rival. Nurmi attend les derniers 800 m pour ajuster Ritola, qui, dans l'ultime tour de piste, tente cependant l'impossible. Trois minutes tout au plus séparent les deux hommes quand Nurmi passe le premier la ligne d'arrivée. Ritola s'effondre. Nurmi, qui écarte les photographes, n'a pas un mot pour Ritola et disparaît dans le tunnel vers les vestiaires.

    Cinq jours plus tard, les deux hommes disputent les séries du 3000 m steeple. Ritola se qualifie sans histoire dans la première éliminatoire, mais dans la deuxième, au premier passage, Nurmi chute à plat ventre dans la rivière en compagnie du Français Duquesne. Les deux hommes s'aident mutuellement à se sortir de ce mauvais pas sous les quolibets du public. C'est bien la première fois que Nurmi prête à rire.
    Nurmi se qualifie cependant et le lendemain, il retrouve Ville Ritola sur la ligne de départ du 3000 m steeple avec leur compatriote Toivo Loukola.
    Ritola traîne en queue de pelonton et abandonne bientôt. Nurmi, quant à lui, laisse filer Loukola au 6ème tour et freine le peloton, si bien que le Finlandais est rapidement hors d'atteinte.
    Toivo Loukola l'emporte devant le grand Paavo Nurmi dans un temps de 9'21"8.
    Nurmi s'est effacé, mais il espère revenir quatre ans plus tard, dans le marathon de Los Angelès...

    Dans le 5000 m où Paavo Nurmi et Ville Ritola se retrouvent, l'Anglais Oddie assure d'abord le train pendant deux tours, puis il est relayé par Nurmi qui, pourtant, ne paraît pas à son affaire. Ville Ritola prend la tête, mais est attaqué dans le dernier tour par son compatriote. On croit que Nurmi va passer, mais Ritola résiste, accélère et lâche Nurmi. Ville Ritola gagne avec 2 secondes et demi d'avance, tandis que Paavo Nurmi conserve de peu la deuxième place devant Wide.

    En sprint, où les Américains ne remportent pas une seule médaille individuelle.
    Le Canadien Percy Williams, qui vient d'avoir 20 ans, accomplit un doublé sur 100 m et 200 m.

    Sur 400 m, le puissant Américain Ray Barbuti repousse en revanche avec succès le retour du Canadien James Ball.

    Mais sur les haies, les Américains sont moins heureux.
    Sur 110 m haies, le Sud-Africain Sydney Atkinson, deuxième en 1924, coiffe Stephen Anderson et John Collier sur le poteau.

    Sur 400 m haies, personne ne croit aux chances de l'Anglais David Burghley qui a frôlé l'élimination face au Français Viel en demi-finale. Pourtant en finale, il contrôle magnifiquement l'épreuve devant les Américains Cuhel et Morgan-Taylor.

    Les sauts, hormis le triple saut, où pour la première fois triomphe le Japon, en la personne de Mikio Oda, seront plus favorables aux Américains.

    En hauteur, Robert King l'emporte avec 1,94 m sur un sautoir trop mou. Derrière lui, un barrage à quatre oppose Osborn, le vainqueur de 1924, un autre Américain Benjamin Hedges, le Philippin Torribio et le Français Claude Ménard, à 1,92 m.
    Ménard arrache une méritoire 3ème place.

    A la perche, Sabin Carr gagne avec 4,20 m.

    En longueur, l'Américain Edward Hamm prend le meilleur sur le Haïtien Sylvio Cator avec 7,73 m.
    Edward Hamm avait déjà établit un nouveau record du monde plus tôt dans l'année.

    Le poids est également américain avec le fermier John Kuck qui bat le record mondial devant son compatriote Herman Brix avec 15,87 m.

    Le disque est aussi l'apanage des Etats-Unis grâce à Clarence Houser qui, pour 9 cm, renouvelle son succès de Paris.

    Le javelot, en revanche, est suédois avec Erik Lundkvist.

    Le marteau est irlandais avec Patrick O'Callaghan qui, un an plus tôt, n'avait encore jamis touché à cet engin.

    Le décathlon est finlandais avec Paavo Yrjoia.

    Le dernier mot demeure cependant aux Américains avec les relais.

    La participation des athlètes féminines a déclenché une polémique, particulièrement après l'arrivée du 800 m où de nombreuses participantes s'effondrèrent. Il fut décidé que les femmes ne participeraient qu'aux épreuves de sprint (100 m et 200 m) dans les olympiades suivantes.

     Les Allemandes enlèvent leur premier titre de l'histoire des jeux dans le 800 m féminin grâce à Lina Radke, championne olympique en 2'16"8, nouveau record du monde.

    En hauteur, la Canadienne Ethel Catherwood franchit 1,59 m.


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