DUNCAN GOODHEW
Duncan Goodhew a toujours voulu être en tête. A l'école élémentaire il n'en était pas autrement. Lors d'une leçon, à l'âge de 10 ans, sa classe participa à une course d'obstacle, et il ne fut pas étonnant de le voir remporter l'épreuve. Un jour que Goodhew jouait à Tarzan dans un arbre, il fit une chute de 5,50 m, tomba sur le visage, s'enfonçant les dents, ce qui fit gonfler sa bouche. Ces blessures guérirent mais quelques semaines plus tard, une touffe de cheveux tomba de la tête de Goodhew. 8 mois plus tard le reste de ses cheveux était tombé.
C'était dur pour ce garçon d'affronter les rires à chaque fois qu'il entrait dans la salle de classe. De plus, il éprouvait des difficultés à chaque fois qu'il essayait de lire, mais ni lui ni ses professeurs ne savaient d'où venait le problème. "La dyslexie, c'est comme si quelqu'un poignardait votre estime. Je ne put commener à guérir que lorsque le diagnostique tomba ; mais ce ne fut pas avant l'âge de 14 ans." explique-t-il.
Goodhew trouva son salut grâce à l'humour et à la natation, à la piscine de Millfield. Célèbre pour son excellence sportive, l'école privée employait Paddy Garrett, entraîneur de natation professionnel à l'époque. Il commença à développer les talents naturels que Goodhew avait montrés depuis son enfance.
En 1972, Nigel Johnson vint s'entraîner à l'école pour préparer les Jeux Olympiques de Munich et il laissa Goodhew nager quelques longueurs avec lui. "Cette nuit-là j'ai commencé à rêver. Tout à coup j'ai dit : "Je vais aux Jeux Olympiques"".
Cela pris 4 ans à Goodhew pour atteindre son objectif. N'ayant jamais nagé à un niveau international, il représenta cependant la Grande-Bretagen aux Jeux Olympiques de 1976 à Montréal.
Malgré des défauts techniques il battit le record olympique lors des séries du 100 m brasse, mais dans la finale il sembla comme paralysé et termina 7ème.
"J'étais assis dans la chambre d'appel avec les autres nageurs 45 minutes avant la course. J'ai regardé autour de moi et j'ai vu 7 des nageurs les plus rapides au monde. Au plus profond de moi je me demandais si j'étais à ma place." raconte-t-il.
Au début de l'année 1980, lorsqu'il retourna en Grande-Bretagne pour préparer les Jeux Olympiques de Moscou en Juillet, Goodhew était prêt. Il s'était endurci mentalement, visualisant sa victoire. Mais alors qu'il avait maîtrisé son émotionalité, des évenements extérieurs vinrent mettre en danger sa quiétude. Les troupes soviétiques avaient envahient l'Afghanistan et maintenant le Président Jimmy Carter demandait un grand geste pour montrer la colère américaine. A la fin du mois de Janvier, il annonça que les Etats-Unis ne participeraient pas aux Jeux Olympiques.
Le Canada, la Chine, le Japon et l'Allemagne Fédérale suivirent l'exemple des Etats-Unis. Margareth Thatcher, le nouveau premier ministre, demandait à l'Association Olympique britannique de rejoindre le boycott. Les journaux soutenait Thatcher et le problème divisait les athlètes. Pour Goodhew, le problème se posait dans sa propre famille. Son beau-père, Bill Crawford-Compton, un pilote de la seconde guerre mondiale, lui dit qu'il devrait obéir au gouvernement.
Et puis il y avait ses amis, comme Steve Gregg, le médaillé d'argent sur 200 m papillon à Montréal, dont les carrières étaient sacrifiées par le boycott : "C'était horrible. Je ne peux pas dire à quel point j'étais désolé pour les nageurs américains.
A la fin, ma décision était simple. Je sentais que ce n'était pas juste que les Jeux Olympiques soient sacrifiés par des événements politiques. Il me semblait que la dernière chose à faire était d'arrêter les Jeux Olympiques. Les athlètes sont des jeunes gens qui dédient leur vie à repousser les limites de leur corps et les Jeux Olympiques sont la concrétisation de leurs privations."
Goodhew se joignit au rameur Colin Moynihan pour devenir porte-parole des athlètes britanniques qui voulaient se rendre aux Jeux. Bien que 50 pays boycottèrent les Jeux, l'Association Olympique britannique défia Thatcher et envoya une équipe à Moscou.
La Grande-Bretagne fut une des 16 nations à défiler symboliquement sous la bannière olympique.
Duncan Goodhew participa donc à ses seconds Jeux Olympiques et remporta l'or sur 100 m brasse.
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