ATHLETISME

    Tous les Français semblent en forme à l'exception d'un seul, Roger Bambuck. Voici quelques jours le Guadeloupéen, meilleur athlète français actuel, pouvait prétendre au podium sur 100 m plat.
    Voici quelques jours il "volait" à l'entraînement et valait 10", voire 9"9, le nouveau record du monde. A 5 jours d'entrer en lice, le voici au lit avec la fièvre.
    Le premier coup de feu libère les premiers concurrents de la première série de la première course : le 100 m. 10" plus tard, très exactement, le Noir Américain Charly Greene, poussé par un vent de 2,80 m à la seconde, coupe le fil.
    Les sprinters vont aller très vite et les Noirs vont dominer nettement. Dans la cinquième série, Bambuck, sans vent arrière, réussit 10"1 "à la parade".
    Dans les quarts de finale, 8 hommes courent en 10" et 10"1 ! Bambuck est toujours là, mais moins "facile" qu'en séries.
    Les techniciens s'accordent pour désigner un autre Noir américain, Jim Hines, comme le favori.
    Les 8 sprinters rescapés sont alignés aux ordres du starter pour la finale du 100 m, immobiles derrière la ligne de départ. De la corde vers l'extérieur, l'Américain Green, le Cubain Montes, l'Américain Hines, le Jamaïcain Miller, l'Américain Pender, le Français Bambuck, le Canadien Jerome et le Malgache Ravelomanantsoa.
    C'est la première fois dans l'histoire du 100 m olympique que tous les finalistes sont noirs. Dans la demi-finale Bambuck a dominé Hines... pendant 80 m mais à très nettement fléchi dans les 20 derniers mètres, ce qui confirme ses craintes : son angine a détruit en partie sa résistance. Il a couru sa série, son 1/4 de finale et sa 1/2 finale en 10"1.
    Silence, coup de feu, 8 flèches noires quittent l'arc de leur starting-block. D'emblée Pender se détache, mais après 40 m de course Hines émerge à son tour.
    Il coupe le fil en 9"9, record du monde égalé avec 90 cm d'avance sur Lennox Miller et 1,20 m d'avance sur Charlie Greene. Ensuite 4 hommes à 10"2.
    Bambuck s'est bien battu et accepte la défaite avec philosophie.
    "En Europe, dès que je suis au départ, je suis sûr de vaincre, que je courre bien ou mal, tant sur 100 m que sur 200. Un type come Hines qui, toutes les semaines, depuis un an, rencontre des types qui le valent, est arrivé à une maîtrise parfaite."


Se détachant nettement dans les 20 derniers mètres, le Noir américain Jim Hines a remporté l'épreuve-reine des Jeux, le 100 m, en 9"9, nouveau record olympique.

    Au lancer du poids où les colosses américains dominent, Pierre Colnard, 40 ans, se qualifie en battant le record de France de 16 cm.
    L'Américain Randy Matson remporte le lancer du poids. Il met d'entrée les choses au point ; 20,54 m à son premier essai, c'est une victoire par KO sur Woods et le Soviétique Gushine.

    Dans le 10 000 m, chacun à l'oeil fixé sur Ron Clarke, recordman du monde de la distance. Sous les projecteurs défilent les maillots bariolés et d'entrée de jeu beaucoup de Noirs se portent en tête : Kenyans et Ethiopiens surtout.
    Au bout de 3 km on sait déjà une chose : le vainqueur du 10 000 m de Mexico mettra environ pour couvrir la distance, une minute de plus que Bill Mills vainqueur à Tokyo !
    Tous les favoris sont encore ensemble à 1 km de l'arrivée quand Keino est lâché et monte sur la pelouse.
    A 3 tours de la fin, Wolde, l'Ethiopien, attaque. Derrière lui, 4 hommes seulement peuvent réagir : 2 "montagnards" et 2 hommes de la plaine. Mais très vite, Clarke s'asphyxie maintenant que la course va à toute allure. A 2 tours de la fin il se "disloque" et laisse filer Mamo Wolde, Naftali Temu et Mohamed Gammoudi, les 3 Africains. Martinez, battu, décroche également. Clarke en plein naufrage ne peut même pas voir la fin de la course. Tour à tour les 3 hommes prennent l'avantage et ce n'est que dans les derniers mètres que passe Temu, Wolde est second, Gammoudi troisième. Victoire totale de l'Afrique mais surtout victoire totale des hommes nés en altitude.
    L'arrivée de Clarke est un drame. Le pauvre Australien ne sera décidément jamais champion olympique !
    Les 3 premiers répondent à l'interview. 3 gabarits très légers, le plus lourd des trois ne doit pas peser plus de 56 kg. Mohamed Gammoudi, qui s'est préparé avec l'équipe de France à Font-Romeu, glisse aux journalistes :
    "Je n'espérais rien du 10 000 m, je crois maintenant que je peux gagner le 5000 m."


Sur 10 000 m, le Kényan Neftali Tému déborde dans la ligne droite l'Ethiopien Mamo Wolde.

Après un 10 000 m dramatique, Ron Clarke a été victime d'une défaillance.

Son médecin pleure tout en appliquant un masque à oxygène sur le visage du recordman du 10 000 m.

    Le coureur du septième couloir, l'Anglais David Hemery est parti comme un bolide dans le 400 m haies. Dans la ligne opposée, il a déjà remonté son compatriote Sherwood placé au huitième couloir. Il accélère encore et se détache au virage ; Hemery très en ligne ne faiblit pas.
    On attend sa défaillance brutale car il est impossible de tenir un 400 m haies à ce rythme.
    Hemery entre dans la ligne droite sans donner le mondre signe de fatigue, avale les 80 derniers mètres en un style parfait et coupe le fil.
    48"1. Le récent record du monde est battu de 7 dixièmes de seconde et le record personnel de David Hemery de 1"5 !
    Derrière Hemery la lutte a été chaude puisque l'on trouve 6 hommes en deux dixièmes de seconde...

    Place maintenant au 800 m dont on sait qu'il va se résumer en un duel entre Wilson Kuprugut, le fameux Kenyan, et l'Australien Ralph Doubell. Comme chacun s'y attendait, Kiprugut déploie sa longue foulée et lance la course à un train dément. On dirait le départ d'un 400 m et non pas celui d'un 800 m, surtout à 2240 m d'altitude. Le Kenyan sait que Doubell est extrêmement rapide, il faut donc l'étouffer. Derrière Wilson Kiprugut le peloton s'étire, 38" aux 300 m, moins de 51" aux 400 m. Les 80 000 spectateurs, même sans connaître bien l'athlétisme, sont fascinés par la clarté de l'intrigue. Kiprugut bluffe-t-il ou bien peut-il tenir à cette allure ? Ralph Doubell a-t-il raison de suivre d'assez près, ou bien devrait-il ralentir pour aller "cueillir" son adversaire dans la ligne droite ? Doubell choisit de rester à 3 ou 4 m de Kiprugut. Assez près pour être "aspiré", assez loin pour bien suivre l'allure de l'Africain et le surveiller. Aux 600 m, tous les visages, sauf celui impassible de Wilson Kiprugut sont déformés par un rictus.
    Kiprugut déploie toujours son immuable et longue foulée élastique. Il possède 3 m d'avance sur Ralph Doubell qui soudain raccourcit la sienne et attaque. Centimètre après centimètre Doubell revient.
    A 40 m du fil, Ralph Doubell rejoint Wilson Kiprugut... qui redémarre et reprend 40 cm d'avance. Doubell, une nouvelle fois, "ronge" son retard et à 15 m du fil passe Kiprugut. Premier Ralph Doubell, 1'44"3, record du monde égalé, deuxième Wilson Kiprugut, 1'44"3.
    En arrivant à Mexico, le record de Doubell était de 1'46" seulement. Il a gagné c'est indiscutable, mais jamais il ne retrouvera, c'est certain, des conditions de course aussi idéales derrière Kiprugut contraint de jouer les lièvres. Ralph Doubell a gagné, mais le public garde une place à part pour Wilson Kiprugut. Jamais personne n'avait couru aussi vite que lui en menant une course de 800 m de bout en bout.

    La finale du lancer du disque commence avec près d'1 h de retard, les officiels ayant voulu remettre en état l'aire de lancer après la pluie diluvienne qui s'était abattue sur le stade. Le premier essai donne lieu à une surprise : les Allemands de l'Est Milde et Losch prennent la tête. A l'instant du troisième essai, les Allemands mènent toujours et les Américains Oerter et Silvester déçoivent. Silvester semble noué par le trac, Oerter, lui, tourne comme un ours en cage. Il s'est juré de réussir la passe de quatre, exploit jamais réalisé aux Jeux Olympiques. Al Oerter entre dans le cercle pour son troisième essai.
    Le disque s'en va rebondir loin derrière la ligne des 64 m. Aussitôt le tableau lumineux s'allume : 64,78 m. Oerter frappe sa main gauche ouverte de son poing droit.
    A Silvester de jouer ! Il rate encore cet essai puis le suivant.
    A son cinquième essai, Oester lance à 64,74 m, confirmant sa suprématie de l'heure. Silvester ne s'en remet pas. C'est fait, Al Oerter, 32 ans, est champion olympique du lancer du disque pour la quatrième fois consécutive !
    Il ne sera pas possible d'oublier l'incroyable série de victoires d'Oerter.
    "De mes 4 victoires, celles qui m'ont sans doute procuré les plus grandes joies sont celle de Melbourne pace que j'avais 20 ans et que je n'y croyais pas encore et celle d'aujourd'hui car à 32 ans je n'y croyais plus. Les Jeux Olympiques sont devenus une sorte de pari pour moi."

    L'autre grande finale des Jeux est celle du 100 m féminin où l'Américaine Wyomia Tyus domine sans la moindre équivoque grâce surtout à une mise en action parfaite. Elle réalise le doublé : titre olympique et record du monde en 11".

    Colette Besson, une jeune Française peu connue, s'est qualifiée pour la finale du 400 m.
    Dans la finale, c'est Colette Besson, cette inconnue qui paraissait distancée après 200 m de course, qui passe à la contre-attaque à 150 m du but.
    A l'entrée de la ligne droite, elle est cinquième derrière la Britannique Lilian Board, l'Américaine Scott, la Cubaine Penton et la Soviétique Pechenkina. A 50 m du fil, elle est presque à la hauteur de Scott, Penton et Pechenkina. A 30 m, seule Board la précède, mais Colette Besson se penche vers l'avant, accélère encore. A 2 m de l'arrivée, elle rejoint Board et plonge sur le fil.
    Championne olympique : Colette Besson, France, 52", nouveau record d'Europe, record olympique égalé, à un dixième du record du monde ! Colette en était à 53"8 en arrivant à Mexico.


Le rush final de Colette Besson sur 400 m

    Tommie Smith, bien que blessé à une cuisse, gagne le 200 m en 19"8, nouveau record du monde. Il laisse l'Australien Norman et un autre Américain Carlos à près de 3 m. Smith n'est pas parti vite, n'a pas fini fort, mais pendant 120 m, il a sûrement couru plus vite, et de loin, qu'aucun être humain ne l'avait fait avant lui.


Tommie Smith coupe le fil du 200 m

    Bambuck est cinquième, il est le seul sprinter à être entré dans les 2 finales du 100 et du 200 m, mais Smith domine tout car c'est l'absolue perfection.
    Moment de stupeur dans le stade lorque Smith et Carlos montent sur le podium. Ils acceptent les médailles et quand éclatent l'hymne américain, ils lèvent leus poings gantés de noir et baissent les yeux, refusant de regarder la bannière étoilée qui monte au mât olympique.
    Avant l'interview officielle ils déclarent :
    "Nous protestons contre le sort fait aux Noirs, contre l'indignité dans laquelle ils sont tenus aux Etats-Unis et dans d'autres endroits du monde. Les Etats-Unis ne sont point "unis" puisque tous les citoyens ne sont pas traités de la même manière. De telle sorte que nous pouvons dire que nous ne représentons pas ici les Etats-Unis mais le peuple noir des Etats-Unis.
    Nous voulons nous rapprocher de tous les Noirs du monde."

    Lors de l'interview publique et officielle, ils déclarent :
    "Nous avons gagné des médailles et reçu des applaudissements, mais les Blancs estiment que nous, les Noirs, sommes des animaux, des insectes qui ne pensent pas. Mais quand nous avons manifesté sur le podium nous avons vu des Blancs mettre le pouce en bas. Quand on fait ce qu'ils veulent, les Blancs nous traitent de bons garçons.
    Nous voulons dire à tous les Blancs : "Intéressez-vous à l'injustice qui règne dans le monde, intéressez-vous à l'ensemble de nous problèmes ou alors laissez tomber et ne venez pas nous voir pour certaines activités seulement comme la course à pied.""

    Le CIO ne laisse pas passer sans réagir la manifestation de Smith et Carlos sur le podium du 200 m.
    A midi, M. Douglas Roby, président du Comité olympique américain, se rend au Village et signifie à Smith et Carlos de quitter la délégation américaine dans les 48 h. Très ému, il déclare que le Cio aurait menacé de prendre une mesure de suspension contre toute l'équipe américaine si le Comité Olympique américain ne prenait pas lui-même une "santion exemplaire". D'autant qu'un drap de lit portant l'inscription "Down with Brundage" (A bas Brundage) flottait à la fenêtre de Carlos.

    C'est un nouveau spectaculaire triomphe kenyan sur 3000 m steeple où Amos Biwott coiffe Benjamin Kogo in extremis.

    Au javelot, le Soviétique Janis Lusis remporte la victoire.

    Le saut à la perche, qui a commencé à midi, se termine à 20 h.
    A 18 h, la barre était à 5,30 m et 7 concurrents restaient en course. Les médailles se jouent à trois : un Américain contre 2 Allemands. Tous les 3 sautent 5,40 m mais l'Américain l'emporte au nombre d'essais.
    Jamais les Américains n'ont perdu le saut à la perche. Bob Seagren n'était peut-être pas le meilleur sauteur aujourd'hui, mais cet homme maîtrise ses nerfs mieux que tout autre. Il n'a pas hésité à n'entrer en lice qu'à 5,05 m ce qui ne s'était jamais vu encore.

    Dans le triple saut, le record du monde est battu plusieurs fois, mais c'est le Soviétique Viktor Saneiev qui remporte l'épreuve.

    Dans le 5000 m, à deux tours de la fin, le Mexicain Martinez n'est plus dans le coup. Encore 3 Africains en tête, Kipchoge Keino et Temu du Kenya et Mohamed Gammoudi de la Tunisie. 2 des 3 héros du 10 000 m se retrouvent aux prises.
    A la cloche, Gammoudi accélère progressivement, et "étouffe" Temu dans la ligne opposée puis Keino dans le virage. Kipchoge Keino revient à 50 m de l'arrivée mais Mohamed Gammoudi l'attendait et place un "contre" terrible. Le Tunisien a gagné. Ron Clarke a sombré depuis longtemps.



Le Tunisien Mohamed Gammoudi lève les bras en signe de victoire en franchissant le ligne d'arrivée du 5000 m devant le Kényen Kipchoge Keino.

    L'Américain Willie Davenport enlève une finale de 110 m haies sans histoires dans laquelle les Français Duriez et Schoebel ont eu le mérite d'entrer de haute lutte.

    En saut en longueur, la lutte s'annonce ouverte entre Boston, Davies, Ter Ovanessian, voire Pani et Beamon. Toutes les conditions sont réunies pour que le record du monde soit amélioré et porté aux environs immédiats de 8,50 m.
    Le premier, Beamon s'élance.
    Beamon est propulsé très haut et file. Aux 8 m, Beamon est encore très nettement en l'air et file encore très vite. Jamais personne n'est passé si haut et si vite à 8 m de la planche d'appel.
    Beamon sautille, impatient, près des juges qui mesurent et qui remesurent.
    Brusquement le panneau s'illumine et 3 chiffres apparaissent : 8,90 ! Cet homme a sauté 8,90 m en longueur à l'aide de ses seules jambes aidé par un vent soufflant officiellement à 2 m/s, donc juste à la limite permettant d'homologuer le record du monde.
    Beamon fixe le panneaux lumineux sans comprendre car il ne sait interpréter que les pieds et les pouces. Boston s'approche, s'arrête pétrifié devant les 3 chiffres, puis les "traduit" "en mesures anglaises" à Beamon.
    Lentement, tès lentement Beamon se laisse glisser au sol la tête entre les mains, s'agenouille, reste ainsi un moment et embrasse le sol.
    Alors Beamon s'enroule dans une couverture grise et s'accroupit sur un banc.
    Beamon a battu le record du monde du saut en longueur de 55 cm alors que le record n'avait progressé que de 8 cm au cours de 8 dernières années !


L'envolée victorieuse de Bob Beamon, lors de son essai record à 8,90 m.

    Evans bat le record du monde du 400 m en 43"8.
    Ce 400 m ne pouvait être gagné que par l'un des 3 Américains : Lee Evans, Ron Freeman et Larry James. Larry James est le plus doué. Il fait aux 350 m un retour étourdissant mais il manque encore de résistance. Evans résiste jusque dans les dernières foulées. Tous les deux pulvérisent le record du monde et la place de troisième de Freeman permet aux Etats-Unis de remporter le premier grand chelem en athlétisme depuis Rome.


Lee Evans franchit la ligne d'arrivée du 400m.

    Contraint à l'abandon sur 10 000 m, second seulement sur 5000 m, Kipchoge Keino lance le 1500 m sur des bases folles. Le stade est comble et le public est gâté car il assiste à la course la plus violente de ces Jeux d'exception.
    On sait désormais que le handicap des hommes de plaine est, à Mexico, de 5" pour les courses de demi-fond. Si Ryun est au niveau de son record du monde, il ne peut faire mieux que 3'38". Alors Keino, l'homme des plus hauts plateaux part à l'abordage. Pendant 650 m, son compère Jipcho allume la mèche pour un premier tour dément qui crucifie d'emblée les Allemands Norpoth et Tummler. Ryun évite le guet-apen mais... tombe dan un autre : il reste trop loin de Kipchoge Keino. Quand ce dernier relaie Jipcho et prend les choses en main, Ryun est à 25 m et à 30 m après 700 m de course !
    Dès lors, les seul espoir de Ryun c'est de tenir et de guetter la défaillance de Keino. Aux 1100 m, Ryun attaque et Kipchoge Keino n'a plus que 1"8 d'avance.
    Keino est-il en train de craquer ?
    Non, il accélève et 100 m plus loin, l'écart est de nouveau remonté à 3"7.
    A l'arrivée, Kipchoge Keino conserve 2"9 d'avance. Il a "humilié" Ryun qui n'a jamais été dans la course.
    "Je ne voulais pas seulement battre Ryun, je voulais prouver que je valais mieux que son record du monde et fe crois que 3'34"9 ici c'est mieux que 3'33"1 en plaine. Surtout en menant pendant près de 800 m." dit-il.
    "Rien à faire, aujourd'hui Keino est imbattable. Je n'aurais pas cru que l'on puisse courir ici en moins de 3'37"." commente Ryun.

    Les décathloniens ont, eux aussi, réussi l'impossible : finir debout le fameux 1500 m. Pour des hommes déjà épuisés, pesant plus de 80 kg, cette course en altitude a été un calvaire épouvantable. Le plus frais de tous est encore Bill Toomey, le vainqueur.

    L'Ethiopien Mamo Wolde enlève le marathon comme à la parade avec une très confortable avance sur le Japonais Kenji Kimihara.

    Dans le 4x100 m masculin, les Français battent en 38"4 le record d'Europe et se classent 3ème derrière Cuba et les Etats-Unis.

    Le 4x400 m est fantastique, les Américians en 2'56" abaissent le précédent record de 3"5 et courent à 44" de moyenne individuelle.

    Mais l'attraction du jour est le saut en hauteur où un jeune homme américain nommé Dick Fosbury gagne avec 2,24 m ce qui est une performance plus que respectable. Plus cependant que par sa performance et son titre, Dick Fosbury restera dans l'histoire pour avoir été l'inventeur d'un style auquel il donna son nom : "Le Fosbury Flop".


L'Américain Fosbury : l'athlète le plus déroutant des Jeux Olympiques


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