Les Jeux de Montréal commencent réellement en ce dimanche 18 Juillet, au stand de tir de l'Acadie.
D'entrée de jeu, le RDA s'est placée sur une orbite sidérale qui va la mener très haut et très loin dans l'univers olympique.
Le sous-lieutenant de l'Armée nationale populaire, Uwe Potteck, qui n'a que 21 ans et deux années de compétition derrière lui, remporte l'épreuve du pistolet libre, avec un total de 573 points, améliorant d'un point le record du monde, devant son compatriote Harald Vollmar.
Dans la fosse olympique, Michel Carrega rate complètement son entrée en abattant seulement 60 des 75 plateaux de la première série.
L'épreuve est remportée par l'Américain Donald Haldeman
Dans le 100 km contre la montre par équipes, les Français obtiennent un pitoyable 20ème place à plus de 10' des vainqueurs, les Soviétiques Chukanov, Chaplygine, Kaninsky, Pikkus qui réalisent une moyenne de 47,730 km/h et conservent ainsi leur titre au terme d'une féroce bataille avec les Polonais.
Daniel Morelon défend une invincibilité vieille de 8 ans.
Le Français a dominé son sujet des éliminatoires aux demi-finales.
Dans la première manche de la finale qui l'oppose au Tchécoslovaque Anton Tkac, Morelon pique vers la corde et produit un effort violent, en pensant comprendre le Tchécoslovaque. Mauvais calcul : pendant 300 m, Morelon est un lièvre idéal pour Tkac qui le passe sans difficulté dans la ligne droite.
Morelon exploite à son tour une erreur d'Anton Tkac dans la deuxième manche, puis c'est la belle fatale, 20 mn plus tard.
Tkac, à la sortie du virage, un peu avant la ligne des 200 m, se lance dans un sprint long et franc auquel Morelon a tort de ne pas croire instantanément. Ce n'est pas, en effet, dans les habitudes d'Anton Tkac. Une fois n'est pas coutume : le Tchécoslovaque ne s'embarrasse pas de finasseries. Morelon a réagit trop tard.
Chez les mouches, Alexandre Voronin épaule et jette une barre de 137,500 kg, près de trois fois supérieure à son poids de corps.
Pour la première fois depuis 20 ans, un Français est monté sur le podium. Daniel Senet enlève la médaille de bronze dans la catégorie des légers, en améliorant le record de France avec un total de 300 kg aux deux mouvements. Il n'est qu'à 15 livres du vainqueur, le Polonais Zbigniew Kaczmarek, qui sera disqualifié 3 semaines plus tard pour usage d'anabolisants.
Les bravos de la foule vont au Bulgare Valentin Christov qui domine la situation depuis 2 ans chez les lourds. Nul ne sait encore, à ce moment-là que le succès du Bulgare sera remis en question deux semaines après les Jeux. Convaincu d'avoir utilisé des anabolisants, il sera déclassé comme le Polonais Kaczmarek, vainqueur en légers, et comme 6 autres haltérophiles de premier plan.
Devant quelques milliers de curieux, Alexeiev conserve son titre des super-lourds. Les rivaux, qui se dressaient sur sa route, se sont effondrés ; Platckkov a dû prendre des précautions élémentaires et a cessé sa cure d'anabolisants bien avant les Jeux. Quant à l'Allemand de l'Est Bonk, il paraît résigné, dès le début, à la seconde place. Dès lors Alexeiev n'a plus qu'un rival : lui-même.
En éliminatoire John Naber nage le 100 m dos en 56"80.
Le soir, John Naber réussit 56"19, sans forcer, en demi-finale.
En finale du 100 m dos, John Naber entre en scène.
Derrière lui, Roland Matthes tête basse, traîne un peu la savate. Naber, sûr de lui et dominateur, semble en rajouter un peu.
Sous les ordres du starter, il prend encore la peine de saluer Matthes d'un long gest de la main, qui se veut amical. Matthes lui rend la politesse, non sans effectuer deux faux départs.
John Naber se détache instantanément : ses premiers moulinets, qui provoquent un balancement de son corps, contrastent avec le style fluide et harmonieux de Matthes. Mais au bout de 20 m, l'efficacité et la vitesse de l'athlète prennent définitivement le pas sur le clacissisme dt la flottabilité de l'artiste. Matthes termine à plus d'une seconde et demie de Naber, en 57"22. Il est même battu pour la seconde place par le deuxième Américain, Peter Rocca. John Naber réalise le temps fabuleux de 55"49.
50 minutes plus tard, Naber est au départ du 200 m nage libre. Il mène la vie dure à l'un de ses meilleurs amis Bruce Furniss, son coéquipier à l'Université de Californie du Sud. En 1'50"28, Furniss bat, à son tour, le record du monde, mais Naber, qui a frôlé l'immense exploit d'enlever deux titres en moins d'un heure est tout près en 1'50"50 et Montgomery pas loin en 1'50"58.
Kornelia Ender nage le 100 m libre en 55"81 dès les éliminatoires.
Kornelia Ender est revenue, vêtue de son ample peignoir qui masque ses larges épaules.
Le 100 m nage libre est le royaume d'Ender. On sait que la victoire lui est promise avant même qu'elle ne s'élance et plonge dans la ligne 4 ; personne ne peut la lui conterster en l'absence de Barbara Krause malade, ni ses compatriotes Priemer et Hempel, ni l'Américaine Babashoff, prise de vitesse dès que Kornelia Ender plonge au prix d'une impressionnante poussée.
Aux 50 m, atteints en 27"10 par l'Allemande de l'Est, la cause est entendue. Le retour est un chef-d'oeuvre en forme de record du monde : 55"65. Et encore, Ender ne se libère-t-elle ploinement que dans les derniers mètres, qui soulèvent écume et enthousiasme. Priemer, sa jeune compatriote, est à près de 2 m. Kornelia a le temps de se retourner, d'exprimer sa joie par un large sourire à la lecture de sont temps sur le tableau électronique, avant que Shirley Babashoff n'ait touché le mur d'arrivée.
L'équipe masculine américaine amorce sa formidable pression dans le 200 m papillon où Mike Bruner, Gregg et Forrester descendent sous les 2' et barrent la route du podium au favori, l'Allemand de l'Est Pyttel, paralysé par le trac.
La RDA, ébranlée, a cependant vigoureusement réagi avec ses filles.
Dans le relais 4x100 m 4 nages, mesdemoiselles Richter, Anke, Pollack et Ender ont consciencieusement démoli la résistance des Américaines et du même coup le record du monde en 4'07"95. Shirley Babashoff, qui n'a cessé d'affirmer qu'elle ne craignait pas Ender, termine à plus de 10 m de sa rivale. Elle sait, sans l'avouer que sa tâche sera impossible.
Déjà les bavardages vont bon train : les impressionants dorsaux de ces demoiselles de l'Est font jaser. Mais Herr Schramme, entraîneur-chef de la RDA coupe court à toute discussion au sujet d'une possible utilisation de produits anabolisants et hormonaux par les représentantes de la RDA. Le sujet demeurera cependant brûlant et contesté jusqu'à la fin des Jeux.
La razzia est-allemande se poursuit avec le 200 m papillon féminin où Andrea Pollack, suivie de Tauber et de Rosemarie Gabriel offrent un impressionnant triplé à la RDA.
Au 1500 m, Brian Goodell, jeune Californien de 17 ans est sur le plot de départ, aux côtés de ses compatriotes Hartloff et Hackett et de l'Australien Holland.
Goodell est le spécialiste de la fin de course plus rapide que le début. Il ne se soucie dès lors pas du foudroyant démarrage des deux autres Américains et notamment de Hackett, qui sans s'être concerté avec Goodell, va poser un problème à Holland. Goodell se maintient ainsi à deux ou trois longueurs de Hackett tout en surveillant l'Australien qui attaque vigoureusement aux 800 m et produit un effort inoui pendant 400 m. Mais malgré cette furieuse accélération, ni Goodell, ni Hackett ne son réellement décramponnés. Dès lors le dénouement de cette épreuve est connu : Goodell, infiniment plus rapide que Holland va s'imposer dans les ultimes 100 m. Alors que Holland utilise un crawl presque frénétique, avec des mouvements de bras précipités, Goodell nage long et posément, soutenu par un formidable battement arrière. Quand à son tour il passe à l'attaque, Holland paraît soudain noyé sur place : Goodell avale les derniers 100 m en 57"73. Les ultimes 400 m sont parcourus en 3'56"59.
A l'arrivée, Goodell, qui en 15'02"40 bat son record du monde de 4", retire ses lunettes de nage et laisse exploser sa joie. "Pendant les 600 premiers mètres, j'ai ressenti une impression très étrange. Je me suis retenu pour ne pas revenir sur Hackett. Je me suis dit de maintenir la cadence jusqu'aux 1100 m, puis je me suis dit que c'était le moment d'attaquer."
Sur le 100 m brasse, John Hencken n'a pas à se préoccuper de tactique : il fonce. Il se place ainsi hors de la portée du Britannique Wilkie et hérite d'un nouveau record du monde en 1'03"11.
Sur 400 m, Shirley Babashoff pleure ses espoirs envolés. Elle rate un virage et malgré un prodigieux effort dans la dernière longueur de bassin, elle ne parvient pas à remonter la toute jeune Petra Thuemer qui devient la première nageuse à descendre sous les 4'103, très exactement 4'09"89.
Les nageurs français sont battus par les Norvégiens pour l'accession à la finale du 4x200 m.
Le record du monde du 4x200 m est battu de 21/100ème en 7'30"33 dès le matin par une équipe B des Etats-Unis.
Le soir Bruner, Furniss, Naber et Montgomery se déchaînent et portent à 7'23"22 le record du monde amélioré le matin.
Les nageurs américains, pour leur part, poursuivent leur démonstration.
Dans le 100 m papillon, Matt Vogel, qui arbore un crâne rasé comme Bruner, précède le vétéran Gary Hall et Joe Bottom. Une fois de plus, les nerfs de Pyttel ont craqué dans une finale à sa mesure.
La RDA, bien entendu, réplique avec ses filles : Ulrike Richter est intouchable sur 100 m dos.
En revanche, le 200 m brasse dames ouvre une brèche, et de taille, dans le dispositif est-allemand : les Soviétiques obtiennent leur premier triplé de l'histoire des Jeux en natation. Marina Kochevaia termine en bolide devant ses compatriotes Yurtchenia et Rusanova, en 2'33"35, nouveau record mondial.
Tim Shaw lutte au coude à coude avec Brian Goodell dans une fantastique finale du 400 m.
A l'avant-dernier virage, Goodell a mieux culbuté que Shaw, il a pris 50 cm à son rival qui ne pourra combler ce léger retard.
Tim Shaw ne sera pas champion olympique.
Brian Goodell remporte le 400 m et établi un nouveau record du monde en 3'51"93. Shaw termine en 3'53"54.
Kornelia Ender entre en scène. Il est 19h50. Elle sait que le programme la condamne à participer à deux finales en 25 mn : le 100 m papillon d'abord et le 200 m nage libre ensuite.
Kornelia semble détendue, quand elle monte sur le plot de départ. 1'00"13 plus tard, elle remporte la première partie de son pari insensé, en égalant le record du monde. Andrea Pollack est à une longueur.
Kornelia disparaît dans les vestiaires, sous les acclamations. 10 mn s'écoulent : elle revient entourée de sa compatriote et de l'Américaine Boglioli pour la cérémonie protocolaire. Il lui reste 10 mn avant la finale du 200 m.
20h15, Kornelia Ender, de sa puissante poussée de jambes, est partie pour un nouvel envol vers la gloire. Mais Shirley Babashoff lui résiste. Aux 50 m, l'Américaine vire même en tête.
Mais Shirley, plus émoussée que l'Allemande de l'Est par ses courses précédentes, n'a plus la même attaque de bras. Elle faiblit aux 100 m et Kornelia, appuyant son battement de jambes, prend près de 2" à sa rivale : 1'59"26, nouveau record du monde. Kornelia Ender a gagné son formidable pari. Kornelia paraît à peine essoufflée.
Les Américains ont poursuivi leur festival dans le 4x100 m 4 nages où Naber, Hencken, Vogel et Montgomery ont amélioré de 5" le record mondial établi le matin même par l'équipe B des Etats-Unis.
Le 100 m brasse féminin revient à Arke.
Le 400 m 4 nages féminin est remporté par Ulrike Tauber.
John Naber confirme son emprise totale sur le dos en devenant le premier nageur sous les 2' au 200 m en l'emportant en 1'59"19.
Le Britannique Dave Wilkie ouvre une brèche dans le dispositif apparemment sans faille des Etats-Unis.
Il accomplit l'un des plus fabuleux exploits chronométriques des Jeux en réussissant 2'15"11 au 200 m brasse, améliorant de plus de 3" le record mondial.
Shirley Babashoff laisse échapper son ultime chance de devenir championne olympique. Le 800 m est pourtant à sa mesure. Mais Shirley s'incline comme dans le 400 m, devant la toute jeune Allemande de l'Est Petra Thuemer, qui bat bien entendu le record du monde.
Ulrike Richter remporte le 200 m dos en 2'13"43.
Dans le relais 4x100 m libre, les Américaines ont un sursaut d'orgueil inattendu : Kim Peyton, Wendy Boglioli, Jill Sterker et Shirley Babashoff se transcendent et réalisent 3'44"82 soit une moyenne de 56"2. Les Allemandes de l'Est ont commis l'erreur de faire partir Kornelia Ender en première position.
Rod Strachan pulvérise le record du monde du 400 m 4 nages en 4'23"68 devant son compatriote Tim McKee.
John Montgomery entre dans l'éternité de la natation en devenant le premier homme à descendre sous les 50" au 100 m : 49"99 exactement.
La natation est terminée ; il est temps de se livrer à un rapide bilen : les Américains ont remporté 12 des 13 médailles d'or mises en jeu et 25 des 33 médailles disputées. Les Allemandes de l'Est n'ont laissé échapper de leur côté que le 200 m brasse et le 4x100 m nage libre. Jamais deux nations n'ont à ce point dominé un sport.
Au Forum, une foule s'entasse pour suivre les péripéties du match URSS-Roumanie, en gymnastique féminine.
L'URSS remporte son 7ème titre consécutif, mais par une marge étroite : 3,30 points d'avance sur la Roumanie. L'URSS aligne pourtant une équipe prestigieuse avec notamment Ludmilla Touritcheva, la petite merveille de Munich Olga Korbut, ainsi que Saadi et une découverte, Kim. Mais la Roumanie dispose, de son côté, du nouveau prodige de la gymnastique en la personne d'une fillette de 14 ans, au curieux visage triste, Nadia Comaneci.
Nadia Comaneci, la petite fée de la gymnastique est revenue au Forum pour la finale du concours général individuel ; sous les yeux éblouis de 16 000 spectateurs, elle ne parviendra pas à se surpasser elle-même, puisque deux jours plus tôt, les juges lui ont accordé trois notes maximales, ces 10, au-delà desquels, rien n'est possible. Nadia pourtant bat tous les records d'assurance, de virtuosité, de génie et d'équilibre.
Avec Nadia Comaneci, malgré toute la classe et la beauté de Nelly Kim, la sûreté de Ludmilla Touritcheva et le talent de cette autre jeune Roumaine qu'est Ungureanu, la gymnastique féminine entre dans une ère nouvelle.
Nadia remporte le concours général individuel et prive Ludmilla Touritcheva d'un nouveau titre olympique ; mais elle reviendra dans les épreuves par appareil.
Nadia Comaneci ajoute une médaille d'or à sa collection à la poutre.
Nadia Comaneci remporte également l'épreuve des barres asymétriques.
Nelly Kim s'adjuge également les exercices au sol devant Ludmilla Touritcheva qui quitte la compétition sur un 9,90 au sol et une ultime médaille d'argent.
La gymnastique masculine demeure le domaine réservé des Japonais. Mais privés de l'un de leurs atouts maîtres, en la personne de Kasamatsu, ils ne l'emportent que par le plus infime des écarts : 0,40 points sur les Soviétiques.
Avant le dernier appareil, les Russes sont encore en tête. Mais les Nippons vont prendre tous les risques à la barre fixe : leur travail, aussi bien sur le plan de l'enchaînement que des sorties, terminées par des vrilles périlleuses, confine au génie.
Tsukahara, Sato et Kenmotsu arrachent ainsi la médaille d'or aux Soviétiques.
Un Français, Henri Boerio, s'est glissé dans cette bataille de titans, il s'impose parmi les six meilleurs spécialistes du monde à la barre fixe, là où justement les Nippons dominent.
Henri Boerio enlève une médaille de bronze, grâce à une magnifique exhibition à la barre fixe.
16 ans après Chakline, dernier Soviétique couronné, Nikolaï Andrianov apporte à l'URSS une médaille d'or au concours général individuel. Le règne des Japonais, longtemps maintenu par Endo et Sawao Kato est ainsi interrompu et c'est justice pour le gymnaste le plus complet de ces joutes olympiques où les difficultés appartiennent désormais au rythme normal d'un sport qui se dépasse constamment.
Au pied du Mont Royal où se déroulent les épreuves d'escrime, le scandale éclate : le Soviétique Boris Onitchenko, 31 ans, est disqualifié. Alors qu'il tire face au Britannique Jeremy Fox, Onitchenko marque un point sans avoir touché son adversaire qui proteste.
Carl Schwiende, chef du jury conclue : "Le système électrique de l'épée du Soviétique a été bricolé de telle manière que Onitchenko voyait porter à son crédit des touches qu'il n'avait pas réalisées."
Christian Noël est éliminé dans l'épreuve de fleuret individuel. Talvard et Pietruska sont en finale.
Les deux Français, Talvard et Piétruska, qualifiés pour la finale du fleuret, en font une fois de plus la cruelle expérience notamment face à Fabio Dal Zotto, avec son jeu bizarre et ses réactions inattendues. A 19 ans, l'Italien, que l'on n'attendait pas va créer l'une des plus grandes sensations des Jeux.
Bernard Talvard, méritoire 3ème, ne décolère pas : "Ce type est fort : mais ne le montrons surtout pas dans les écoles." dit-il amèrement.
La RFA triomphe sur toute la ligne à l'épée individuelle, par Alexander Pusch et Hans-Jürgen Hehn.
Le Français Jacques Ladegaillerie a disparu dès le premier tour.
La Française Brigitte Dumont doit se contenter de la 4ème place au fleuret féminin, remporté par la Hongroise Ildiko Schwarzenberger, à la fin d'un crispant barrage face à l'Italienne Maria-Consolata Collino.
En fleuret par équipes, les Français Noël, Talvard, Revenu et Pietruska doivent se contenter d'une médaille de bronze. Pour deux touches seulement, les Français sont éliminés de la finale par l'Italie emmenée par Dal Zotto, champion olympique individuel. Mais, les Italien connaissent à leur tour la défaillance, dans une finale sans passion, où l'Allemagne animée par Bach s'impose aisément.
Les Françaises, animées par Brigitte Dumont, accomplissent le plus bel exploit de l'escrime française à Montréal en enlevant la médaille d'argent après avoir battu les Hongroises en demi-finale. Elles ne s'inclinent qu'en finale contre les Soviétiques.
Phil Boggs s'est montré éblouissant au plongeon du tremplin de 3 m.
En haut-vol messieurs, l'Italien Klaus Dibiasi, au prix de risques insensés, obtient des notes maximales. Ce plongeur d'exception remporte, devant le jeune Américain Louganis, son troisième titre consécutif.
L'Inde, 7 fois couronnée, connaît une humiliation sans précédent devant l'Australie qui l'écrase 6 à 1. L'Inde a déjà été battue la veille par la Hollande.
La finale du hockey sur gazon, qui met en scène deux inédits, la Nouvelle-Zélande et l'Australie, vaudra surtout par les héroïques actions du gardien néo-zélandais Trevor Manning, qui sauve son équipe à plusieurs reprise. Un penalty-corner suffira pour assurer, dès lors, la victoire des Kiwis.
En aviron féminin, la RDA remporte le 4 de couple.
Christine Scheiblich remporte le skiff.
Le 4 barré féminin revient à la RDA.
La RDA est victorieuse en 8 féminin.
Chez les hommes, la RDA est 5 fois victorieuse sur 8 régates.
La France figure dans la finale du double-scull où Ribat-Izard terminent 6ème.
Les Norvégiens Frank et Alf Hansen dominent les Britanniques Baillieu et Hart dans le double-scull.
La RDA remporte le 2 barré.
Le 4 sans barreur revient à la RDA.
La RDA est victorieuse en 4 de couple.
Le 8 revient à la RDA.
En skiff, l'inattendu Finlandais Perti Karppinen, géant de 2,01 m pour 98 kg, accomplit un effort colossal dans les 100 derniers mètres pour souffler la victoire à l'Allemand de l'Ouest Peter-Michael Kolbe qui a compté jusqu'à trois longueurs d'avance, mais qui a présumé de ses forces.
L'URSS perd son titre en se faisant battre 89-94 par la Yougoslavie. Les Etats-Unis battent le Canada.
Sans posséder de géants, les Américains ont une autre dimension. Leur succès sur la Yougoslavie, 95-74 a sans doute un goût d'inachevé, mais il est incontestable. Au fur et à mesure que le tournoi a pris forme, les individualistes américains, emmenés par Bucker et par Phil Ford, ont formé une véritable équipe. Ils jouent ainsi au chat et à la souris avec les Yougoslaves et terminent par un véritable festival.
L'URSS éliminée de la finale masculin, a la consolation de voir ses femmes triompher dans le premier tournoi olympique féminin. La Tchécoslovaquie résiste pourtant bien aux Soviétiques et ne leur concèdent que 13 points et le Japon ne leur cède que de 21 points, malgré la gigantesque présence de Semenova.
Le Japon commence bien mal :
Chez les lourds, c'est un Soviétique, Sergey Novikov, qui d'entrée, barre la route du titre aux Nippons. Pourtant le tirage au sort ne l'a pas favorisé : il a dû, en effet, se défaire de deux favoris, le Japonais Endo et l'immense Coréen Jong Pak qu'il a effacé avec une fantastique maestria. La suite, et notamment sa victoire sur l'Allemand Günther Neureuther, est infiniment plus facile pour lui.
Le Français Rougé n'a pas pu passer le troisième tour des mi-lourds : le Britannique Starbrook l'a écarté du tableau final et le Japon, par Kazuhiro Ninomiya, a triomphé.
Chez les moyens, Jean-Paul Coche ne passe pas les premiers tours. Il est battu, dès son combat d'ouverture par l'Allemand de l'Ouest Mahrenki. C'est le Japonais Isamu Sonoda qui remporte l'épreuve.
Catégorie des mi-moyens, Patrick Vial enlève une médaille de bronze que l'on n'attendait pas derrière le Soviétique Vladimar Nevzorov qui l'emporte devant le Japonais Koji Kuramoto.
Clôture au judo où le Japon sauve la face en remportant le titre des super-lourds le plus envié grâce à Haruki Uemura. Mais l'URSS, avec deux victoires, aura fait trembler l'emprise du soleil levant jusqu'au bout.
Le volley-ball atteint une dimension supérieure grâce aux Japonaises qui dominent les Soviétiques en dépit de l'avantage de taille de ces dernières.
L'URSS ne sera pas plus heureuse dans la finale masculin, au terme d'un match acharné qui dure 2h30. Les Polonais qui ont dû disputer la veille une épuisante demi-finale face aux Nippons, ont pleinement récupéré.
Le 4ème set est le cap décisif de cette sublime finale : à aucun moment les deux équipes ne sont séparées de plus d'un point ; elles se retrouvent à égalité 15-15.
A 17-17, une sauvage empoignade donne le service aux Polonais qui marquent 2 points d'affilée. Leur invroyable retour contraint les Soviétiques à disputer un 5ème set.
C'est alors que la machine soviétique coince sous les smashs furieux de Wojtowicz et de Gawlowski. Par 15-7, la Pologne assomme l'URSS.
La RDA triomphe dans la finale de football devant 72 000 spectateurs. Par 3 à 1, les Allemands de l'Est, souvent éblouissants, dominent la Pologne et consolent ainsi quelque peu les Français, éliminés justement par la RDA en quart de finale après avoir magnifiquement commencé le tournoi.
Les Etats-Unis sont les grands triomphateurs.
Les Etats-Unis remportent en effet 5 finales sur les 6 qu'ils disputent, alors que l'URSS ne remporte pas un seul titre. La grande vedette de la soirée est incontestablement Ray "Sugar" Leonard. Dans la catégorie des super-légers il s'est joué, comme aux tours précédents, de ses adversaires et a dominé le Cubain Aldama. Rapide, efficace, puissant, Leonard, qui possède un registre de coups très étendu détruit consciencieusement son rival, qui est sauvé par le gong au dernier round.
Les Américains s'imposent encore chez les poids moyens grâce à Michael Spinks.
Son frère Leon Spinks, quant à lui, l'emporte chez les mi-lourds.
Le Cuba réplique fort bien avec trois médailles d'or : Angel Herrera chez les poids plume.
Jorge Hernandez l'emporte chez les mi-mouche.
Le poids lourd Stevenson conserve sa couronne. Face à ce grand boxeur, le Roumain Mircea passe son temps à se dérober jusqu'à ce que Stevenson parvienne à le toucher d'une manière décisive, au 3ème round. En un seul coup de poing, le Cubain conserve ainsi son titre sous les sifflets.