ATHLETISME

    Le premier coup de pistolet retentit en ce vendredi à 10h du matin pour les séries du 400 m haies. Ce qui devait être l'un des sommets des Jeux avec le duel Moses-Akii Bua, sera une simple formalité pour la révélation américaine. L'absence des Africains sera maintes fois ressenties tout au long de cette semaine éblouissante.
    En finale, Edwin Moses fait figure de pionnier.
    Pendant 200 m, il est un peu retenu, se contentant de calquer sa course sur celle du Britannique Pascoe, placé devant lui. C'est dans le dernier virage que Moses laisse apparaître toute la différence qui le sépare de ses adversaires ; il en ressort avec 6 à 7 m d'avance et termine en 47"64, nouveau record du monde. Son compatriote Mike Shine termine 2ème en 48"69.

    Le Cubain Silvio Leonard, l'un des favoris du 100 m, est loin de sa meilleure condition.
    Le Français Echevin s'est claqué sur 100 m.
    Des éliminatoires du 100 m, quatre hommes ont émergé : Crawford (le Trinitéen), Borzov (le Soviétique), Quarrie ( le Jamaïquain) et Glance (l'Américain).
    Hasely Crawford remporte le 100 m. Borzov n'est plus tout à fait aussi rapide qu'à Munich. Il effectue un remarquable parcours, cependant, en 10"14, il récolte tout juste le bronze.
    Crawford a pris ses distances avec ses rivaux, dès le coup de pistolet, grâce à sa poussée puissante et harmonieuse. Don Quarrie, attardé au départ, concède près d'un mètre à son adversaire. Son retour est spectaculaire mais trop tardif pour mettre en question la victoire de Crawford. En 10"08, le Jamaïquain termine à 2/100ème du Trinitéen. C'est la grande fête des Caraïbes

    Le Néo-Zélandais John Walker est éliminé du 800 m, sans les Kényans, et notamment sans Mike Boit.
    En finale, le Cubain Alberto Juantorena se joue de ses adversaires.
    "Avec ma longue foulée, je n'aime pas rester dans le peloton." explique Juantorena après sa course.
    Mis à part une cinquantaine de mètres au cours desquels l'Indien Sriram Singh coupe le train, Juantorena mène à une allure extrêmement élevée qui contraint les autres à suivre tout en leur ôtant la possibilité de contre-attaquer. Pas le moindre ralentissement, en effet, chez le Cubain qui passe les 400 m en 50"85. Au contraire, dans la ligne opposée, le Cubain accélère encore : 12" entre les 500 m et les 600 m. C'est l'endroit que choisit pourtant Wohlhuter pour tenter de déborder son adversaire.
    Il tient 100, 120 m, très près de Juantorena, puis faiblit progressivement jusqu'à se faire passer par le Belge Van Damme, qui termine bon deuxième en 1'43"9, à 4/10ème du Cubain, nouveau recordman du monde en 1'43"5.

    En longueur féminine, çà ne traîne pas dès le premier essai, la puissante Allemande de l'Est Angela Voigt-Schmalfeld a fait le vide autour d'elle avec un bond de 6,72 m qui ne sera approché qu'in extrémis par la toute jeune Américaine Kathy Mc Millan.

    Aux 20 km marche, Daniel Bautista, qui a lâché les Allemands de l'Est Reimann et Frenkel à 2 km des portes du stade, est le premier Mexicain à devenir champion olympique d'athlétisme. Ce policier de 23 ans termine sa folle randonnée par une ardente prière à genoux sur la piste, avant d'effectuer un tour d'honneur, coiffé d'un immense sombréro.
    Bautista est tellement déshydraté par la chaleur et par son effort, qu'il lui faudra boire 10 bouteilles de soda pour satisfaire aux exigences du test anti-dopage.



    Les séries du 10 000 m sont cruelles pour le Néo-Zélandais Quax, terrassé par une intoxication alimentaire et pour le vétéran français Lucien Rault, victime d'une très grosse défaillance à l'issue de la course rendue difficile par la chaleur ambiante.
    En revanche, le Français Gomez se qualifie pour la finale en effectueant un dernier tour en 56"4.
    En finale, Lasse Viren n'a pas besoin de sprinter pour imposer sa loi : le Finlandais contrôle cette épreuve privée du piment indispensable de la présence des Africains, Ethiopiens et Kényans et décapitée par l'élimination du Néo-Zélandais Quax ainsi que par la défaillance du Belge Puttemans et du Hollandais Hermens, surentraîné.
    Même le Britannique Brendan Foster ne se montre pas à la hauteur des circonstances. Lui seul peut espérer s'opposer à Viren qui, dans la foulée du petit Portugais Lopes, attend paisiblement son heure. Lopes, qui ne possède pas l'arme indispensable permettant de triompher dans les épreuves importantes, joue crânement sa chance au train ; à 450 m de l'arrivée il est seul en tête avec Viren qui le lâche sans douleur, sur une simple accélération. Viren conserve son titre. Grâce à Lopes, il a couvert la seconde moitié de la course en 13'31". C'est une incidation avant le 5000 m.

    Ruth Fuchs conserve son titre au javelot.

    Udo Beyer remporte le poids.

    Il est 15h45 à l'horloge du stade quand Annegret Richter devient la femme la plus rapide du monde. Au départ de la première demi-finale du 100 m, elle profite d'une très légère brise favorable pour accomplir le temps de 11"01.
    Dans l'autre demi-finale, Renate Stecher a montré ses limites en 11"10.
    En finale, Annegret Richter sonne le glas de la carrière internationale de Stecher après 11"08 de course.

    Au disque, l'Américain McWilkins, recordman du monde avec 70,86 m, a marqué sa supériorité sur ses rivaux dès sa deuxième tentative, avec un jet de 67,50 m qui ne sera pas approché par l'Allemand de l'Est Schmidt.

    Il est 15 h, un javelot, propulsé à une vitesse incroyable, décrit une interminable trajectoire avant d'aller se ficher dnas l'herbe, tout près de la ligne des 95 m. Le tableau électronique s'éclaire quelques secondes plus tard : 94,58 m.
    L'auteur de ce record du monde porte un nom illustre, Nemeth. Il s'agit de Miklos Nemeth, fils d'Imre Nemeth, champion olympique du marteau, en 1948, à Londres.
    Les Finlandais Siitonen et Hovinen, favoris de l'épreuve, ne se remettrons jamais de ce KO.

    Un autre record du monde tombe en fin d'après-midi et il est de taille : 1'54"9 au 800 m. C'est Tatyana Kazankina qui fait prévaloir, à ses rivales plus rapides qu'elle, sa plus grande résistance.
    Elle laisse donc mener ses adversaires au nombre desquelles les Allemandes de l'Est Elfie Zinn et Anita Weiss, puis déborde tout le monde dans les 80 m avec une superbe autorité.

    Le 200 m n'échappe pas à Don Quarrie.
    Crawford est fauché dans le virage, après 80 m de course, par un claquage à la cuisse. Dès lors le petit Jamaïquain, à l'éblouissante technique, a le champ libre.
    La piste mouillée et glissante empêche Quarrie d'accomplir un grand exploit chronométrique : en 20"23, il enlève cependant une médaille d'or bien méritée.

    Au pentathlon féminin, les médailles se gagnent dans le 200 m. Avant la dernière épreuve, 5 concurrentes ne sont séparées que par 31 points. Les Soviétiques Tkachenko et Popivskaia mènent, mais elles vont être submergées par un raz-de-marée est-allemand. Siegrun Siegl, Laser et Pollack leur soufflent l'or, l'argent et le bronze dans la dernière ligne droite. Fait unique dans les annales de l'athlétisme Siegle et Laser terminent avec le même nombre de points.
    Siegl a devancé sa rivale en longueur et sur 100 m haies. Le 200 m qu'elle gagne en 23"10 lui offre donc le titre.

    Alors que la pluie redouble, les regards des 50 000 spectateurs sont polarisés par le sautoir à la perche. Malgré l'élimination prématurée de l'un des favoris, le Polonais Kozakiewicz, blessé à l'échauffement, ils sont encore 11 qualifiés à 5,45 m, hauteur que le Français Abada passe magnifiquement à son deuxième essai, ce qui lui vaudra une méritoire 4ème place. A 5,50 m, ils sont encore 7 : Kalliomaeki, Slusarski, Roberts qui passent au premier essai, Bellot qui rate trois fois, Buciarski qui manque une fois et fait l'impasse en attendant 5,55 m tout comme Abada et Bell.
    Personne ne passera 5,55 m, hauteur que Dave Roberts, recordman du monde avec 5,70 m n'a pas cru bon de devoir tenter. Il a commancé son concours à 5,35 m en s'y reprenant malheureusement à deux fois pour franchir cette hauteur. Ce léger raté va lui coûter la victoire : le Polonais Slusarski et le Finlandais Kalliomaeki ont en effet franchi toutes les hauteurs à leur première tentative.
    Sous la pluie qui redouble de violence, Roberts est condamné à franchir 5,60 m s'il veut l'emporter. Par deux fois, il échoue de justesse dans son impossible tâche, après avoir failli se rompre le cou à sa première tentative. Tadeusz Slusarski est champion olympique avec 5,50 m.

    Guy Drut n'a pas paru au mieux dans sa série du 110 m haies, mais il a fait juste ce qu'il fallait pour se qualifier.
    Les coureurs de la finale du 110 m haies sont entrés dans le stade. Drut a déposé son starting-block au 5ème couloir, Foster et Casana, à la droite du Français, ont eux aussi préparé leur course.
    Le Français est inquiet. En demi-finale, opposé au Cubain Casanas, Drut a été quelques peu pris de vitesse au départ. Alors Drut a volontairement coupé son effort, plutôt que de prendre des risques inutiles.
    En 13"34, son meilleur temps, Casanas a beaucoup impressionné le Français. Plus inquiétant pour le camps français, la ligue d'arrivée franchie, Drut s'est tenu la cuisse.
    Entre la demi-finale et la finale, Drut est retourné au village pour se reposer un peu.
    Les 8 finalistes se serrent la main avant de s'agenouiller sur la piste. Foster, toujours à la recherche d'un geste d'intimidation, jette un coup d'oeil dans la direction de Drut qui ne se détourne même pas.
    A la gauche de Drut, l'Américain James Owens est le plus rapide. Il attaque en tête la première haie, mais Drut, que est bien parti, est tout près à quelques centimètres. A l'extérieur de la piste, Casanas, en revanche, a eu un instant d'hésitation. Le principal rival de Drut est plus vulnérable qu'on ne l'avait pensé. A son côté, Foster, autre candidat à la médaille d'or, a déjà perdu pratiquement toute chance : il a heurté violemment le premier obstacle et s'est déséquilibré.
    Drut, au centre de la piste, est revenu à la hauteur d'Owens, qu'il dépasse à la troisième haie.
    Le Français a trouvé le rythme idéal, il le maintient encore sur la 4ème, sur la 5ème haie, voire sur la 6ème. Casanas et Davenport maintiennent l'écart qui décroît à partir du 8ème obstacle.
    Drut fléchit légèrement. A la retombée de la 10ème et dernière haie, il n'a plus que 70 cm d'avance sur Casanas. Et c'est la plongée vers la ligne, 5 à 6 foulées décisives. Guy Drut, presqu'à la rupture d'équilibre, ne sait pas encore qu'il a gagné, d'environ 30 cm, grâce à de prodigieux réflexe qui a repoussé l'effort désespéré de Casanas.
    La course de Drut a duré exactement 13"30 contre 13"33 à Casanas.
    Guy Drut demeurera pour l'éternité le premier Européen qui ait remporté le 110 m haies des Jeux Olympiques.

    Baerbel Eckert, victorieuse sur 200 m d'une opiniâtre Annegret Richter, elle-même devant Renate Stecher, est une bien belle championne.

    Rose-Marie Ackermann ajoute à la gloire de la RDA, en remportant le saut en hauteur avec 1,93 m et en faisant triompher le rouleau ventral de la coalition des adeptes du Fosbury-Flop.

    Le Soviétique Yuriy Sedykh devient le plus jeune champion olympique jamis sacré au marteau.

    Anders Gaerderud longtemps mis à l'épreuve par le train d'enfer du Malinowski, remporte le 3000 m steeple dans le temps prodigieux de 8'09", nouveau record du monde.
    L'Allemand de l'Est Baumgartl allait l'emporter, imparablement, quand il accroche le dernier obstacle de son pied gauche, à mi-ligne droite.

    Au saut en longueur, Jacques Rousseau atteint 8 m à sa première tentative, puis en reste là. Pour 2 cm, il ratera la médaille de bronze.
    Arnie Robinson réussit d'entrée 8,35 m ; ce saut le met hors de la portée de ses rivaux.
    Robinson est l'un des plus beaux et des plus nets vainqueurs de ces Jeux : il l'emporte avec 26 cm d'avance sur son compatriote Randy Williams.

    Les Américains perdent le 400 m. Alberto Juantorena est revenu pour apporter aux Caraïbes leur troisième victoire dans cette épreuve.
    Après avoir dominé le 800 m, voici qu'il contrôle le 400 m.
    Il est au deuxième couloir derrière le petit Américain Fred Newhouse, le seul qui puisse espérer l'inquiéter. Sans se presser, de sa foulée de géant, Juantorena s'efforce de na pas se laisser trop distancer sur les 200 premiers mètres. Newhouse n'y croit pas assez. Il passe aux 200 m en 21"1 ; Juantorena est tout au plus à deux mètres. Aux 300 m, atteints en 31"8, le Cubain n'a pas concédé de terrain.
    En 44"26, Juantorena accomplit ce que personne avant lui n'a jamais réalisé : remporter 800 m et 400 m au cours des même Jeux Olympiques.

    Irena Szewinska boucle son tour de piste en 49"29, nouveau record du monde. Elle laisse la jeune Allemande de l'Est Christina Brehmer à près de 10 m, avance si considérable qu'elle est sans précédent dans cette épreuve.

    La RDA poursuit sa moisson de médailles d'or. En effet, Johanna Schaller remporte le 100 m haies.

    Au lancer du disque féminin, Evelin Schlaak dame le pion aux favorites.

    Au décathlon, à l'issue de la première journée et après 5 épreuves, l'Allemand de l'Ouest Krastschmer est en tête devant Avilov et Jenner.
    Le décathlon de Bruce Jenner, tout au long de deux journées passionnantes, a été une montée vers la gloire absolue. Jenner travaille dans une certaine facilité.
    Ce ne sera que dans le 1500 m que Bruce Jenner grimacera pour la première fois. Il se sait couronné, il a usé l'opiniâtre résistance du Soviétique Avilov qui a craqué après 7 épreuves, fatigué par la qualité des performances accomplies par l'Américain. Lâché de 80 m par un autre Russe, Litvinenko, Jenner, pour sa dernière apparition sur la piste, entend laisser à la postérité le plus grand monument jamais élevé à la gloire du décathlon.
    Soudain à 300 m du but, alors qu'on le croit à bout de force, Bruce Jenner se met à sprinter comme s'il n'avait rien fait. Ses ultimes 40" de course sont un grand moment de sport : Jenner ne se bat pas contre les autres, il se bat contre lui-même. Bruce Jenner termine sur les talons de Litvinenko en 4'12"6.
    Il sait qu'il a dépassé 8600 points, alors que le précédent record du monde d'Avilov n'est que de 8454 points. Avec 8618 points, Jenner quitte le stade comme transfiguré.

    Victor Saneiev remporte le triple saut.

    Lasse Viren remporte le 5000 m. Ce 5000 m ne révolutionne nullement les données chronométriques de la distance. Il sera relativement lent jusqu'à 2000 m de la fin et se terminera sur une accélération uniforme conclue par un somptueux final. A 400 m du but, alors que Viren s'apprête à attaquer, ils sont encore 8 en peloton à pouvoir nourrir des rêves de victoire ; Viren bien sûr, mais aussi les Néo-Zélandais Quax et Dixon, les Britanniques Foster et Stewart, le Belge Polleunis, l'Allemand de l'Ouest Hildenbrand, le Portugais Simoes. 8, qui s'effilochent jusqu'à l'entrée de la ligne droite. 1'57"5 aux derniers 800 m, 54"8 aux derniers 400 m : où donc Viren, beaucoup plus lent que Quax, est-il allé chercher cette vitesse ?

    La Soviétique Tatiana Kazankina déborde irrésistiblement ses rivales à l'issue d'un 1500 m sans train et boucle l'ultime tour de piste en 57". Avec Tatiana Kazankina qui réussit le doublé 800 m-1500 m, de nouvelles perspectives s'ouvrent à l'athlétisme féminin qui sort grandi d'une telle course.

    Dwight Stones lève les yeux au ciel et constate avec amertume que Montréal ne lui vaut rien.
    La veille, au cours des éliminatoires, il a été copieusement sifflé et conspué par le public montréalais qui lui reproche d'avoir fait des déclarations désobligeantes pour le Québec et pour ses habitants.
    "Je déteste les Canadiens français." aurait dit le recordman du monde qui affirme que l'on a mat traduit sa pensée. Le mal est fait cependant et l'appel lancé par la presse de Montréal n'est pas demeuré sans écho. Le pauvre Stones se sait en grande forme.
    La barre n'est qu'à 2,21 m.
    La corde sensible de Stones se rompt brusquement à 2,23 m. Jusque là, Stones a été impérial.
    Et puis, l'averse a noyé le sautoir, l'a rendu glissant, dangereux pour Stones dont la course d'élan rapide, la forme d'impulsion avec brusque torsion du pied est très difficile de celle de ses adversaires. Stones n'utilise pas sa puissance au moment de l'appel, mais sa vitesse qu'il transforme en force d'élévation. Sur un sol humide, les risques deviennent énormes et la qualité première de l'Américain, son "pied", sa vivacité, est totalement annihilée, sans parler de la peur qui s'empare de lui.
    Stones a tout tenté : il essuie lui-même le sautoir ; mais la pluie redouble de violence. Il rate ainsi 2,23 m, hauteur que le Polonais Jacek Wszola et le Canadien Joy effacent avec une certaine aisance : les deux hommes attaquent la barre sous un angle différent ; leur implulsion est plus violente que celle de Stones. Wszola, qui n'a que 20 ans, monte ainsi jusqu'à 2,25 m et manque de peu 2,27 m.
    Peu après ce concours gâché, on apprend que Stones a reçu des menaces de mort.
    "J'avais réellement peur quand je suis monté sur le podium", révèlera Stones, un peu plus tard.

    Dans le 1500 m, John Walker s'est contenté de marquer ses rivaux et a attendu les derniers 500 m pour se montrer.
    Malgré un dernier tour en 52"3 et un dernier 30 m en 37"9, il a failli être remonté sur la fin par le Belge Van Damme, déjà second sur 800 m, qui a manqué simplement d'un peu de hardiesse et qui n'a peut-être pas cru suffisamment en ses chances.

    Le marathon, lui aussi manque de couleur : les Ethiopiens comptaient énormément sur leurs trois équipiers et notamment sur Gurmu. La victoire de l'Allemand de l'Est Waldemar Cierpinski est belle cependant. Les Américains Rodgers et Shorter assurent d'entrée un train rapide. Ce faisant ils tirent les marrons du feu pour Cierpinski en éliminant, un à un, leurs adversaires les plus dangereux, au nombre desquels Lasse Viren qui tente vainement la passe de trois. Pendant 25 km, le Finlandais paraît à l'aise. Puis, soudain, sur une accélération de Shorter, Viren qu n'a eu que 24 h pour récupérer des fatigues de son 5000 m de la veille, lâche pied sans rémission.
    10 km plus loin, alors que Shorter a fait le vide autour de lui, Waldemar Cierpinski, dans les rues mouillées de Montréal, passe à son tour à l'offensive. Shorter, qui a fourni un gros effort, ne peut lui résister. L'Allemand de l'Est apporte ainsi à son pays sa première victoire olympique en course à pied, dans le domaine de l'athlétisme masculin.

    Les Etats-Unis dominent la situation chez les hommes sans battre les records du monde.
    Sur 4X100 m, la pluie qui a rendue la piste glissante empêche les trois "juniors" Glance, Hones, Hampton et l'ancien Riddick d'approcher les 38"19 de Munich.

    Dans le 4x400 m, les Américains l'emportent

    Chez les dames, la RDA complète son rapt en arrachant le 4x100 m à la RFA : Baerbel Eckert, dans le dernier parcours, reprend 3 m à Kroniger.

    Quant au 4x400 m de la RDA, il accomplit le solo attendu : 3'19"2, soit une moyenne de 49"8 par athlète.


    Au total, les Français remportent 9 médailles seulement dont 2 d'or. C'est peu pour une nation qui se voudrait sportive et qui tombe dans les profondeurs du classement mondial au sommet duquel l'URSS précède la RDA et les Etats-Unis.

    Pour la cérémonie de clôture, place au folklore : les Indiens du Canada sont au premier rang.
    Les paroles que prononce Lord Killanin, président du CIO, se veulent d'espoir.
    "Il faut croire à l'avenir de l'olympisme."

    La politique, le nationalisme défigurent les Jeux entend-on de toutes parts.
    L'Olympisme, en dépit de ses graves défauts, représente, qu'on le veuille ou non, la survivance d'un certain idéal face à la menace pesante et envahissante du pouvoir, sous quelque forme qu'elle se présente.
    Lord Killanin, homme de bonne volonté, le sait, lui qui s'est donné comme mission, jusqu'en 1980, de tenter de résoudre cette équation apparemment sans solution.
    "La question n'est pas de savoir si le communisme est un meilleur système que le capitalisme, dans le domaine du sport." a-t-il dit au lendemain des Jeux de Montréal.



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