80 000 spectateurs dans le grand stade à 10h du matin pour des séries éliminatoires d'athlétisme.
En bas, tout en bas la sculpturale Heide Rosendahl vacille entre l'espoir et l'inquiétude. Avec 6,78 m elle est en tête dans l'épreuve du saut en longueur mais la Bulgare Diana Yorgova la talonne avec 6,77 m.
Rosendahl a terminé mais il reste un essai à Yorgova qui s'élance. Au bout de la piste, sa chevelure rousse volant dans le vent léger, l'Allemande regarde sauter sa rivale. Mais c'est elle qui saute de joie car elle a vu le juge lever son drapeau rouge : Yorgova, qui avait tenté le tout pour le tout, a mordu à son dernier essai ; la belle Heide est championne olympique.
Le vainqueur du 20 km marche est l'Allemand de l'Est Franker.
Les quart de finales du 100 m messieurs, sur lesquels plane le glacial Soviétique Valéri Borzov, sont marqués par un incident de taille. Des trois Américains qualifiés, Taylor, Hart et, Robinson, seul le premier se présente au départ de la troisième course. La première s'est déroulée sans Robinson et la deuxième sans Hart. Leur entraîneur, Stan Wright, leur avait dit que ces quart de finales devaient être courues à 17h. Or, en regardant la télévision au village olympique sur le coup de 15h les trois sprinters américains assistent à une course de 100 m. Il est trop tard pour Hart et Robinson et juste temps pour Taylor qui se qualifie sans s'être échauffé une seule seconde.
Glaciale victoire d'un coureur de 100 m parfait.
12 ans après l'Allemand Armin Hary à Rome, le Soviétique Valéri Borzov fait triompher l'Europe dans le sprint court.
Le Soviétique accueille sa victoire avec un détachement souverain. Décidément ce 100 m ne marquera pas l'histoire des Jeux Olympiques.
Pour la première fois se courent des séries de 10 000 m. 5 coureurs se qualifient en moins de 28' mais, surprise, le Kényan Temu, inattendu vainqueur à Mexico est éliminé.
En finale, les Finlandais présentent Lasse Viren. Mais Viren n'est pas seul dans cette course : il se heurte notamment au Britannique Dave Bedford. Dave Bedford entame ce 10 000 m avec des idées agressives.
Son premier kilomètre est dément : 2'36"9. Il le met sur l'orbite du record mondial, non pas du 10 000 m, mais bien du 5000 m ; mais jusque-là son forcing effréné est demeuré sans résultat : tous ceux qu'il crait sont encore dans sa foulée ; non seulement Viren, mais encore Gammoudi, Yfter, Puttermans... Le Britannique, qui croyait pouvoir se détacher aisément, commence à donner des signes delassitude. Mais le hasard vole à son secours : Viren et Gammoudi tombent. Viren se relève assez rapidement et entame une chasse dramatique, mais Gammoudi est plus sérieusement touché ; il repart clopin-clopant, mais il est déjà à 120 m des premiers et abandonne bientôt. Viren, pour sa part, réintègre les coulisses du peloton en 3/4 de tour de piste. Nous sommes aux 5000 m et Bedford, qui a vu l'incident, a vainement tenté de réagir : il ne peut aller plus vite et le rythme tombe à 69" au tour. Il aurait peut-être suffi que l'Anglais tienne pendant 5 à 600 m, une cadence légèrement supérieure pour que Viren ne soit pas en mesure de recoller aux leaders. Bien abrité derrière les 7 hommes composant le groupe de tête, Viren récupère sagement puis 2000 m plus loin, alors que Bedford est déjà en perdition, passe à l'action : foulée courte, ne donnant jamais l'impression d'accomplir le moindre effort, Viren provoque instantanément le lâchage de Bedford. Bientôt, seuls l'Ethiopien Yfter et le Belge Puttemans parviennent à demeurer dans la foulée du Finlandais qui accélère à 1000 m du but. C'est une montée progressive vers une allure de 800 m. Tour à tour, Yfter, puis Puttemans lâchent pied. En 27'38"4, Viren ouvre un nouveau chapitre de la glorieuse "saga" finlandaise des longues distances.
Les Français d'Encausse et Tracanelli se qualifient facilement pour la finale du saut à la perche d'où sont exclus deux des favoris : le Suédois Isaksson et l'Italien Dionisi.
A 19h, la défaite de Bob Seagren est définitivement consommée. Cette épreuve, commencée à 13h, a distillé, tout au long de l'après-midi, sont lot d'émotions. Le concours tourne au duel Seagren-Nordwig.
A 5,35 m, les deux hommes sont encore botte à botte. A 5,40 m, Nordwig passe au premier essai, Seagren au troisième seulement. L'Américain commet alors une erreur qu'il qualifiera lui-même d'irréparable après l'épreue : il calque ses essais sur ceux de Nordwig, lequel en pleine euphorie a franchi 5,45 m du premier coup. Or Seagren n'a pas pleinement récupéré de ses efforts successifs. Il aurait dû attendre 5,50 m, reprendre son souffle et ses esprits. Au lieu de quoi, il tente lui aussi 5,45 m et manque trois fois...
Seagren est parti sans regarder Nordwig tenter 5,50 m et réussir cette hauteur à son troisième essai.
Seagren consent à admettre que Nordwig n'a pas volé sa victoire, mais du bout des lèvres. Les deux hommes s'estiment mais ne s'aiment pas.
Pour la première fois dans l'histoire des Jeux Olympiques, le saut à la perche échappe à l'emprise des Etats-Unis. C'st la fin d'une tradition vieille déjà de 76 ans...
Le Français Buchheit n'est que 8ème de sa série du 3000 m steeple en 8'41"2.
En revanche, le Français Jean-Paul Villain, stoppé voici quelques mois par une sérieuse hépatite virale parvient, toute volonté dehors, à se frayer un chemin jusqu'à la finale du 3000 m steeple qui s'annonce fracassante avec la présence de trois Kényans dont Keino et de trois Finlandais.
Le Kényan Kipchoge Keino est bien l'un des plus grands coureurs de demi-fond de toute l'histoire de l'athlétisme. Voici que Keino vient s'amuser en finale du 3000 m steeple. Derrière Keino un autre Kényan, Jipcho enlève l'argent devant le Finlandais Kantanen, le seul à avoir pu faire un semblant d'opposition aux Africains.
Le Français Sans est sorti au deuxième tour du 800 m en 1'49"6.
Superbe finale en vue sur 800 m. Avec des hommes comme les Kényans Boit et Ouko, le Soviétique Arzhanov et l'Américain Wottle l'affaire sera chaude.
En finale, les deux Kényans Ouko et Boit se sont trop fiés à leur pointe de vitesse terminale ; ils n'ont rien tenté pour mettre en difficulté Arzhanov et ne se sont pas méfiés de Dave Wottle qui s'est constamment tenu en retrait du peloton aussi bien en série qu'en demi-finale. A 300 m de l'arrivée l'Américain, qui a compté jusqu'à 12 m de retard, a commencé à se rapprocher des hommes de tête, au moment précis où Arzhanov attaquait. Le Soviétique, sans doute trop pressé d'en finir, a démarré quelques dizaines de mètres trop tôt. Il a pris 3 à 4 m à tout le monde, mais il a faiblit dangereusement sur la fin. Il plonge sur le fil au moment précis où Wottle surgit de sa courte foulée et le bat de 3/100ème, 30 cm. Mais un mètre plus loin Arzhanov était devant...
Sur le podium, Wottle, mais sur le coeur, pleure sans retenue ; devant lui Arzhanov, hagard, voit monter au sommet du mât la bannière étoilée comme dans un cauchemar
La Française Sylvie Telliez est éliminée du 100 m en 11"6.
En finale, Renate Stecher a imposé sa puissance.
Le Français Corval est 8ème de sa demi-finale du 400 m haies en 50"8.
Deux vedettes manqueront à l'appel de la finale du 400 m haies : l'Allemand de l'Est Rudolph, victime, en pleine course d'une déchirure du tendon d'Achille et l'Australien Knoke hors de forme. David Hemery le prestigieux vainqueur de Mexico est bien là, lui, ainsi que l'Ougandais Akii Bua et l'Américain Mann. L'affaire se règlera entre eux trois, chacun ayant ses partisans.
Après la finale, Ralph Mann regagne les vestiaires du stade olympique, les mains sur les hanches, la tête basse. Il n'a rien pu faire face à John Akii-Bua qui déclare devant les journalistes ébahis : "Je crois franchement que j'aurais pu courir une minute plus vite s'il avait fallu..."
David Hemery, champion olympique à Mexico, n'en croît pas ses oreilles.
John Akii-Bua a battu le record du monde en 47"8, au terme d'une dernière ligne droite dévastatrice.
Hemery a admis une fois pour toutes la supériorité de l'Ougandais, qui placé à la corde, s'est d'abord laissé légèrement distancer par Hemery puis est revenu progressivemnt sur le Britannique à partir des 250 m...
Une page est tournée, les 400 m haies a vécu sa révolution en 47" et quelques dixièmes.
Lorsque le disque quitte la main du Tchécoslovaque Ludwik Danek, il décrit une trajectoire tendue et atterit à 64,40 m. C'est le dernier essai du vétéran de Prague, le dernier aussi pour Jay Silvester et qui a mené le concours jusqu'à la dernière minute et s'est fait battre au dernier jet.
En javelot, il semblerait qu'il n'y ait rien à faire contre Janis Lusis, qui défend son titre avec panache et mène le concours devant un petit athlète qui porte le nom de Wolfermann. Au dernier essai Lusis qui a pris la tête dès le début avec 88,88 m, puis qui a amélioré sa meilleure performance à sa troisième tentative avec 89,54 m, semble contrôler l'épreuve, malgré les 88,40 m de Wolfermann. Mais voici que l'Allemand se met en tête d'aller encore plus loin. Le javelot s'élève, puis plane longtemps avant d'aller se ficher en terre, au-delà de la ligne des 90 m. Lusis, 90,46 m au dernier essai, est battu de 2 cm.
Dans le 200 m de l'heptathlon, Heide Rosendhal doit battre la Britannique Mary Peters de 22/100ème pour refaire le handicap qui lui reste à combler après quatre épreuves.
La veille, Mary Peters a trouvé l'inspiration en améliorant son recor personnel de la hauter à trois reprises, en franchissant 1,82 m, elle a ainsi distancé l'Allemande de plus de 300 points. Mais Heide Rosendahl ne s'est pas avouée vaincue : elle a laissé sa rivale à près d'un mètre en longueur, 6,83 m contre 5,98 m. Il lui reste le 200 m ; la belle Heide n'a jamais été aussi rapide dans le virage, puis dans la ligne droite en 22"96. Mary Peters est à 10 m et finit péniblement. Elle s'attend au pire, car elle a terminé les dernières foulées du 200 m presqu'au pas. Sous le temps de Rosendahl s'inscrit d'abord celui de l'Allemande de l'Est Pollak, puis le sien 24"08. Elle a gagné, d'un dixième, de 10 points !
Le marcheur allemand Kannenberg a lâché après 3h de coude à coude le Soviétique Soldatenko. Il entre triomphant dans le stade, au terme de 50 km.
Hildegarde Falk et les finaliste du 800 m féminin s'apprêtent à prendre le départ. L'Allemande attaque résolument dans le dernier tour, décramponne tout le monde et passe la ligne en 1'58"6 à 1/10ème seulement de son record mondial.
Valéri Borzov étend son règne sur 200 m avec la même maîtrise dont il avait fait preuve pendant le 100 m.
Après un virage parfait sa vitesse augmente régulièrement jusqu'à la ligne blanche qu'il passe en 20" devant l'Américain Black et l'Italien Mennea. C'est le premier "doublé" 100 et 200 m depuis les Jeux Olympiques de Melbourne en 1956.
Au triple saut, le Soviétique Saneiev confirme son succès de Mexico et bat l'Allemand de l'Est Drehmel, de 4 cm.
L'Allemande, âgée de 16 ans, Ulrike Meyfarth remporte le saut en hauteur.
Son record personnel, au moment du concours, n'était que de 1,85 m. Elle égale sa performance, puis saute successivement, sous les yeux de 85 000 personnes délirantes, 1,88 m, 1,90 m et 1,92 m égalant le record du monde de l'Autrichienne Ilona Gusenbauer laquelle termine 3ème du concours.
Guy Drut se qualifie pour la finale du 110 m haies.
Le départ de la finale du 110 m haies vient d'être donné et Guy Drut, à la ligne 8, lance le plus formidable défi qu'un hurdleur européen n'ait jamis osé formuler dans une épreuve dominée par les Américains depuis sa création.
Le noir Milburn accomplit un parcours parfait. De la 5ème à la 7ème haie Drut est 4ème derrière Milburn et les deux autres Américains Davenport et Hill.
Mais le nordiste "avale" les trois derniers obstacles à une allure extraordinaire.
En 13"24 Rod Milburn égale le vieux record du monde établi en 1959.
Quant à Guy Drut, deuxième, ses 13"34 effacent largement le meilleur temps européen.
La Française Nicole Duclos, malgré toute sa volonté craque à 15 m de la ligne d'arrivée en demi-finale du 400 m.
En finale, l'Allemande de l'Est Monika Zehrt résiste au retour énergique de l'Allemande de l'Ouest Rita Wilden.
Le 400 m messieurs est bien loin d'atteindre en densité et en qualité celui de Mexico. Matthews est cependant, devant Collet et l'étonnant Kényan Sang, un valeureux vainqueur.
Renate Stecher, super-favorite, est menacée jusqu'au fil par la belle Australienne Raelene Boyle dans le 200 m le plus rapide de tous les temps.
Dans le décathlon, l'Allemand de l'Est Kirst est tombé sur la deuxième haie du 110 m. Il était en tête du décathlon après les cinq premières épreuves et possédait des chances sérieuses pour la victoire. Désormais, le Soviétique Avilov est seul en course pour la médaille. Il fera bonne mesure : avant le 1500 m, il est à portée du record mondial. Il faut cependant que le Soviétique courre le 1500 m en 4'28" pour effacer les 8417 points du record du monde. Avilov s'élance prudemment, ne cherche pas à suivre son compatriote Litvinenko qui vise le deuxième place au classement général, mais soudain après 800 m de course, Avilov porte sa main droite au foie. Un poing de côté le plie en 2 ; il se traîne sur la piste, il n'avance plus, mais bientôt repart, et termine au sprint avant de passer la ligne, épuisé.
4'22"8. Le record du monde est battu de 37 points.
Les éliminatoires du 1500 m devaient être une formalité pour les trois grands favoris, Keino, Vasala et Ryun. Keino et Ryun, par une coïncidence extraordinaire sont au départ de la quatrième série.
Keino, le premier, sort de sa réserve et après les 800 m, se prote progressivement en tête. Ryun décide, pour sa part d'attendre le dernier tour. Un moment enfermé entre un Pakistanais et un Ghanéen, il cherche à se dégager. Keino attaque et tout à coup Ryun est à terre avec un autre coureur. Il lui faut 10 bonnes secondes pour reprendre ses esprits. Le peloton, emmené par Keino est à 100 m de lui. Alors, blème de rage et de douleur, le grand Jim Ryun entame sa poursuite. Ryun, blessé, est encore capable de boucler les ultimes 400 m en 54"2, comme un seigneur.
Le jury d'appel, réuni à la suite d'une réclamation américaine, examine dix fois la bande magnétique sur un écran de télévision, au sous-sol du stade. M. Adrian Paulen, délégué technique de la Fédération Internationale d'Athlétisme va tout tenter pour sauver Ryun. Mais Ryun ne sera jamais olympique, il est éliminé.
En finale, le duel Keino-Vasala tient ses promesses, mais il sera toujours permis de supposer que Ryun, présent, l'issue de l'épreuve eut été différente. On veut croire également que contre Ryun, la tactique de Keino n'eut pas été la même. Le Kényan a, semble-t-il, quelque peu mésestimé le Finlandais, en ne tentant rien avant la mi-course, dans l'espoir sans doute de protéger son compatriote Boit qui a ses chances pour la deuxième place. Vasala n'en demande pas tant. Il se promène littéralement pendant deux tours de piste et quand Keino attaque à 800 m du but, il lui emboîte le pas avec autorité. Keino accélère, court plus rapidement qu'on ne l'a jamais fait les derniers 800 m d'un 1500 m olympique.
Vasala le suit sans donner le moindre signe de lassitude. A 80 m de l'arrivée, Vasala se porte à la hauteur de Keino qui jette un regard vers son adversaire. L'Africain a compris : une sorte de rictus déforme son visage. Vasala va passer, il passe et gagne le 1500 m en courant les derniers 800 m en 1'48"8.
Wayne Collet, deuxième du 400 m individuel, apprend que la Commission exécutive du CIO vient de l'exclure à perpétuité des Jeux Olympiques, lui et son vainqueur Matthews pour avoir discuté lors de la cérémonie protocolaire. Le bannissement de ces deux coureurs entraîne l'élimination de fait du relais 4x400 m américain puisqu'il ne reste plus que 3 coureurs inscrits.
Annelie Ehrhardt remporte le 100 m haies en 12"59.
Ludmilla Bragina a déjà, par deux fois, amélioré le record du monde du 1500 m. En série en 4'6" d'abord, puis en demi-finale en 4'5"1. En finale, abritée derrière les Hollandaises Boxem et Keizer, elle attend sagement la seconde qu'elle s'est fixée pour porter une attaque qu'elle veut décisive. C'est aux 800 m qu'elle démarre et surprend ses rivales. Ludmilla Bragina, à larges foulées souples, construit l'un des plus beaux exploits des Jeux. En 4'1"4, elle gagne 3"7 sur son précédent record.
Avec ses 8,34 m, Randy Williams demeure bien loin de l'impossible bond de Beamon.
Au poids, les Etats-Unis comptent sur George Woods et sur Al Feuerbach pour faire front aux Allemands de l'Est Briesenick et Gies. Woods y parvient avec un jet de 21,17 m, mais le Polonais Komar surprend tout le monde en lançant le boulet à 21,18 m dès son premier essai. A 32 ans, Komar est le premier européen champion olympique dans ce concours depuis 1936.
Sur le stade, suite à la suspension de Matthews et de Collet, le couloir réservé aux Américains demeure vide. Dès lors, la finale du 4X400 m n'offre plus guère d'intérêt sinon l'attribution de médailles dévaluées par l'absence des favoris. Dans la tribune, Lee Evans brandi un drapeau noir, sous les huées du public.
Le Kénya l'emporte grâce à un étonnant dernier parcours de Sang crédité de 43"6 lancé, après que l'Allemand Karl Honz ait tenté un énorme coup de poker en courant la première moitié de la course en 20", effort qu'il paie dans les 50 derniers mètres. Les Français en profitent pour arracher la médaille de bronze, grâce à un remarquable retour de Jacques Carette, qui court son tour de piste en 44"3.
En début d'après-midi, Lasse Viren accomplit le doublé en dominant Gammoudi, Ian Stewart et Préfontaine au sprint. Course tactique, ce 5000 m, dans lequel Bedford a été incapable de tenter quoi que ce soit, se termine comme un véritable 1500 m sous l'impulsion de l'Américain Préfontaine.
Les deux derniers kilomètres, grâce à son accélération, sont couverts en 5'6".
Le marathon, dernière course individuelle des Jeux, n'a pas laissé planer longtemps de suspense. L'Américain Frank Shorter s'est échappé dès le 15ème km.
Yurgi Tarmak franchit 2,23 m en hauteur, après un concours interminable.
Faina Melnik dépasse les 66 m au disque et domine la Roumaine Argentine Meni
Au relais 4x100 m, les Allemandes de l'Ouest se surpassent en devançant les Allemandes de l'Est, pourtant données favorites ; Krause, Michler et Richter transmettent le témoin à Heide Rosendahl dans de remarquables conditions ; la belle Heide possède 3 m d'avance sur Renate Stecher, la puissante championne olympique du 100 m et du 200 m.
On pense que Stecher va remonter Rosendahl et, de fait, à mi-ligne droite elle n'est plus qu'à un mètre de sa rivale. Mais Heide ne faiblit pas ; elle reprt au contraire à larges et puissantes enjambées, tandis que Stecher, dont la foulée se raccourcit à vue d'oeil, cède peu à peu. Rosendahl coupe le fil en 42"80, record mondial égalé ; Stecher est à 1,50 m.
Dans le 4x100 m masculin, les Américains ont tiré la corde.
Black s'élance avec une sorte de fureur sacrée et vire aussi bien que Korneliuk. Taylor le relaie magistralement et Tinker en fait autant. Quand Hart par à son tour, les Américains ont trois bons mètres d'avancesur les Russes. Borzov n'insiste pas outre mesure et se contente d'assurer la seconde place. Les Américains réussissent 38"2. Les Français, qui se sont bien battus, entrent dans la ligne droite en troisième position. Cherrier se claque à 50 m du but. Une médaille s'envole pour la France.
Dans le 4x400 m féminin, la victoire de la RDA ne souffre aucune restriction.
Kaesling, puis Kuehne font le trou d'entrée, puis Seider et Zehrt augmentent l'avance des Allemandes de l'Est pour la porter finalement à 2"2. En 3'23", soit une moyenne de 50"75, le record du monde établit la veille est amélioré de 5"5. Les quatre relayeuses de la RDA sont suivies des Américaines, des Allemandes de l'Ouest et aussi des Françaises, excellentes 4ème.
Les Jeux sont faits.
Dans un stade comble, M. Brundage proclame solennellement la fin des XXème Jeux d'été et la fin de son règne.
L'olympisme, sous le mandat de M. Brundage, a subi de bien sérieux accrocs.
Le relais est transmis à Montréal avec un lourd handicap.
M. Brundage va sur le podium central prononcer officiellement la clôture des Jeux de Munich.
Il est 20h quand la flamme s'éteind.
Toute l'assistance observe une minute de silence en hommage aux morts de l'attentat du 5 septembre. Enfin, le drapeau olympique est amené du mât. Rendez-vous est pris solennellement pour dans 4 ans à Montréal.
Parmi les pancartes annonçant les délégations, une est portée par une hôtesse toute seule : celle d'Israël.