EPREUVES MARQUANTES

    Comme aux Jeux de Grenoble, Avery Brundage assure la présidence du CIO et le comte Jean de Beaumont celle du Comité Olympique français.

    L'ouverture des Jeux est proclamée par l'Empereur Hiro Hito, et le serment olympique prêté par la patineuse Keïchi Suzuki.
    1128 athlètes sont engagés, dont 911 hommes et 217 femmes, représentant 35 nations. Ces Jeux voient le retour de la Mongolie et l'entrée de Taipee.
    Lors de ces 11 jours de compétition, 35 épreuves seront disputées, représentant 6 sports. Au total, 105 médailles seront décernées devant plus de 600 000 spectateurs. Les droits de retransmission télévisée s'élèvent à 42 millions de francs. La couverture médiatique est assurée par 3100 journalistes accrédités.

    C'est le 26 avril 1966, à Rome, lors de la 63ème session, que la candidature de Sapporo avait été retenue par le CIO.
    Le Japon et le Comité d'organisation sont très fiers d'organiser les Jeux d'hiver après les Jeux Olympiques de Tokyo en 1964. Pourtant, quelques jours avant l'ouverture, tout est presque remis en cause par le président du CIO, l'Américain Avery Brundage. C'est le début de l'affaire Karl Schranz.
    Le président Avery Brundage est furieux conte les skieurs alpins, qu'il appelle les "faux amateurs", et les menace de prendre des mesures s'ils ne respectent pas les principes de l'amateurisme.
    Karl Schranz revient sous les feux des projecteurs après sa disqualification du slalom et de son titre de champion olympique à Grenoble.
    A 33 ans, l'Autrichien vient au Japon pour participer à ses 4ème Jeux Olympiques consécutifs
    Lorsqu'il arrive à Sapporo, ce skieur légendaire au palmarès prestigieux a gagné toutes les compétitions internationles durant l'année.
    Mais, comme bon nombre de skieurs, Schranz prête son image à des publicitaires.
    Et, le 31 janvier, le CIO l'accuse de professionalisme.
    La commission Weir se réunit et déclare, le 2 février, la veille de l'ouverture des Jeux, que l'Autrichien n'est pas autorisé à se présenter aux compétitions, conformément à l'article 26 de la Charte des Jeux d'hiver.
    Pour ne pas gêner la délégation autrichienne, Schranz décide de rentrer chez lui à Saint-Anton. Plus de 100 000 Autrichiens l'accueillent à son arrivée ainsi que le Président de la République.
    Après cet épisode malheureux, les Jeux sont ouverts le 3 Février.

    La patineuse Tzumi Tusimura apporte la flamme olympique.



Arrivée de la flamme olympique

    Elle la transmet devant 50 000 spectateurs, à Hideki Takada. Après avoir gravi les 300 marches, celui-ci surplombe le stade de glace de Makomanai et allume la vasque.


stade olympique

    Et c'est le tour de l'Empereur d'ouvrir officiellement les XIème Jeux Olympiques d'hiver de Sapporo.



LUGE



    Depuis que la luge est au programme des sports olympiques, les Allemandes de la République Démocratique trustent tous les titres.
    A Sapporo, la RDA va réussir une véritable performance en gagnant 8 médailles, sur 9 possibles, dont 3 titres.

    Chez les dames, le podium est exclusivement allemand, Anna-Maria Müller est championne olympique et Ute Ruhrold seconde devant Margit Schumann.

    Chez les hommes, en luge monoplace, les quatre premières places sont allemandes : Wolfgang Scheidel est champion olympique, Harald Ehrig vice-champion olympique, Wolfram Fiedler 3ème et Bonsack 4ème.

    En luge biplace, la première course, qui a été remportée par Paul Hildgartner et Walter Plaikner est annulée à cause d'un mauvais fonctionnement de la porte de départ. Les Italiens demandent que la course soit prise en compte puisque tous les participants ont eut le même problème. Leur protestation est repoussée. Le titre acquis en 1968 est donc conservé par les Est-Allemands Horst Hornlein et Reinhard Bredow qui terminent ex aequo avec les Italiens Hildgartner et Plaikner, ce qui cause un problème inédit. Finalement, la Fédération Internationale de Luge, après consultation du président du CIO, Avery Brundage, décide de décerner la médaille d'or aux deux équipes. La 3ème marche du podium reveint, évidemment, à la RDA avec Klaus Bonsack et Wolfram Fiedler.



PATINAGE DE VITESSE



    Le Hollandais Ard Schenk devient le roi des Jeux de Sapporo tellement sa performance est impressionnante.
    A Sapporo, cet athlète, très grand et fort, est le super favori car il détient déjà les records du monde du 1500 m, 5000 m et 10 000 m.
    Le 4 février a lieu la première épreuve sur l'anneau de Makomanai, le 5000 m. Le Hollandais est sacré champion olympique pour la première fois de sa carrière en battant le Norvégien Roar Gronvald de 5"18. Le 3ème est également un Scandinage, Stensen Sten.

    Le 6 février, Schenk s'aligne sur le 1500 m, dont il détient le record du monde en 1'58"7. Schenk part le premier sous la neige, mais il parvient à battre à nouveau Gronvald qui termine à la seconde place. Le Hollandais en profite pour décrocher sa seconde médaille d'or mais également pour battre le record olympique en 2'2"96.

    Schenk chute sur 500 m et c'est donc l'Allemand de la République Fédérale Erhard Keller qui s'adjuge une nouvelle fois l'épreuve en établissant, lui aussi, un record olympique en 39"44.

    Chez les femmes, sur 500 m, la jeune Anne Henning, âgée de 16 ans, doit affronter la Canadienne Sylvia Burka. Lors d'un croisement Burka ne voit pas Henning et entre pratiquement en collision avec elle. Plutôt que de pousser Burka, Henning se redresse, la laisse passer, puis reprend la course de plus belle. Bien qu'elle perd une seconde dans l'incident, Henning remporte tout de même la médaille d'or dans le temps de 43"70. Les officiels lui accordent une nouvelle chance à la fin de la compétition et elle améliore son temps en 43"33.

    Sur 1000 m, la jeune Monika Pflug, âgée de 17 ans, l'emporte à la surprise générale. Elle commence par provoquer deux faux-départs. Menacée de disqualification, elle commence sa course doucement, mais elle réussit à refaire le terrain perdu lors des 200 premiers mètres et l'emporte.

    Dianne Holum remporte l'or sur 1500 m. Les Hollandaises Baas-Kaiser et Keulen-Deelstra terminent 2ème et 3ème.

    Sur 3000 m Christina Bass-Kaiser remporte la victoire devant Dianne Holum avec une avance jamais égalée chez les femmes.

    Le dernier jour des épreuves messieurs, le 7 février, est réservé à la plus longue, le 10 000 m. Au départ, le Hollandais Cornelius Verkerk est présent. Il termine second et laisse Schenk égaler la performance des deux plus grands patineurs de vitesse, les Norvégiens Ivar Ballangrud et Hjalmar Andersen, en gagnant 3 médailles d'or en une seule olympiade. Il gagne en effet la course en 15'1"35.



SKI ALPIN



    La jeune Suissesse Marie-Thérèse Nadig va être une des grandes surprises des Jeux de Sapporo.
    Dans la descente, la grande favorite est l'Autrichienne Anne-Marie Proell. L'Autrichienne est effectivement sur le podium mais à la seconde place, Marie-Thérèse Nadig remporte en effet l'épreuve en 1'36"68, avec 32/100ème d'avance sur Proell.
    Marie-Thérèse Nadig remporte ainsi sa première grande victoire en ski alpin.

    Trois jous plus tard, au départ de la seconde épreuve, le slalom géant, les conditions météorologiques se sont dégradées mais la course est malgré tout possible.
    Espérant prendre sa revanche sur sa défaite dans la descente, Anne-Marie Proell termine la course en 1'30"75. Mais, à son grand désespoir, Proell est une nouvelle fois battue par Nadig qui termine en 1'29"90.

    En slalom féminin, Barbara Cochran remporte l'or avec seulement 2/100ème d'avance sur Danièle Debernard.

    La plus grande surprise des Jeux d'hiver de 1972 est la sensationnelle victoire de l'Espagnol Francisco Fernandez Ochoa, âgé de 21 ans, dans le slalom. La médaille d'or d'Ochoa est l'unique médaille remportée par l'Espagne lors de Jeux d'hiver.

    En slalom géant, le Norvégien Erik Haker réalise le meilleur temps de la première manche devant Alfred Hagn et Gustavo Thöni. Lorsque Haker tombe dans la seconde manche et que Hagn est trop prudent, le jeune Thöni, âgé de 20 ans devient le premier Italien à remporter une médaille d'or en ski alpin depuis 1952.

SAUT A SKI



    Avant 1972, le Japon n'a remporté qu'une médaille aux Jeux d'hiver.
    Malgré la pression énorme, les Japonais réalisent un triplé au saut spécial moyen tremplin avec Yukio Kasaya, Akitsugu Konno et Seiji Aochi.

    Au grand tremplin, le premier saut de Wojciech Fortuna est si spectaculaire qu'il peut gagner la médaille d'or bien qu'il ne termine que 22ème de la seconde manche.

HOCKEY SUR GLACE



    L'U.R.S.S. trône toujours en hochey sur glace.
    Mais à nouveau le tournoi olympique se décide lors du dernier match opposant l'U.R.S.S. et la Tchécoslovaquie. Les Soviétiques prennent la tête par 4-0 dans la seconde période et remportent la victoire par 5 à 2. Les Etats-Unis sont classés seconds parce qu'ils ont battu la Tchécoslovaquie 5-1.



PATINAGE ARTISTIQUE



    L'U.R.S.S. l'emporte en patinage artistique couples.
    Les deux couples Soviétiques Irina Rodnina/Alexeï Ulanov et Lyudmilla Smirnova/Suraikin terminent respectivement 1er et 2ème.

    Chez les hommes, Ondrej Nepela, âgé de 21 ans est unanimement classé premier par les juges malgré une chute lors d'un triple boucle piqué.

    La championne du monde Trixi Schuba prent largement la tête de la compétition lors des figures imposées et remporte la victoire malgré sa 7ème place du programme libre.



SKI NORDIQUE



    En 15 km classique, Sven-Ake Lundbäck l'emporte.

    Sur 30 km, Vyacheslav Vedenine est le premier Soviétique à remporter une médaille d'or individuelle en ski de fond.

    Sur 50 km Pal Tyldum n'est que 18ème après 15 km. Aux 25 km, il est 10ème. Aux 40 km, Tyldum est 3ème. Il construit sa victoire dans les dix derniers kilomètres.

    Dans le relais 4x10 km, Vedenine prend le dernier relais derrière Johs Harviken, mais il dépasse le Norvégion à un kilomètre de l'arrivée et l'emporte de plus de 9".

    Chez les femmes, sur 5 km, Galina Kulakova, âgée de 29 ans, remporte la médaille d'or.



COMBINE NORDIQUE



    Le Japonais Hideki Nakano se distingue en terminant 1er du saut à ski, mais dernier du 15 km, ce qui le classe à la 13ème place du classement général. L'épreuve est remportée par l'Allemand de l'Est, Ulrich Wehling.


    Au classement officieux des nations, le podium n'est pas habituel : l'U.R.S.S. retrouve sa première place avec 14 médailles, dont 8 d'or, 5 d'argent et 3 de bronze, suivie de la R.D.A. et par la Suisse. Pour la première fois, aucun pays scandinave ne figure parmi les trois premièrs, la Norvège se classant 7ème, la Suède 10ème et la Finlande 15ème.


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